A la veille de la rentrée scolaire, derniers préparatifs pour ces deux professeurs de Vieille-Brioude (Haute-Loire)
« Le plus compliqué lors de la rentrée, c’est de 8 h 50 à 9 h 10. Une fois que tout le monde est installé, on reprend vite le rythme. » Charles Raffier n’est pas un novice. Professeur des écoles depuis 2018 à Vieille-Brioude, il vit aujourd’hui sa quarantième rentrée scolaire.
Il enseigne dans une classe double composée de 27 élèves de CM1 et CM2. Sur la table située devant le tableau, plusieurs piles de livres et de cahiers attendent leurs nouveaux propriétaires.
La commande de matériel effectuée à la fin de l'étéCe travail, il l’a réalisé en amont. « Dès la fin de l’année dernière, j’ai fait le point sur l’état du matériel et j’ai passé une commande pour avoir tout ce dont j’ai besoin pour travailler. » La préparation des cours, la partie la plus importante du métier, il s’en est occupé à la fin de l’été, dès le 20 août.
« Je me base sur le programme et je change d’une année sur l’autre, sinon je m’ennuie et les élèves aussi car je les garde deux années. J’ai planifié pour les premières semaines et ensuite, je ferai le reste. Les élèves sont différents chaque année, il faut s’adapter à eux. »
L’homme est relativement calme. Il a l’expérience des rentrées scolaire et ses élèves, il les connaît déjà. « J’en ai eu la moitié l’an dernier et les autres étaient déjà dans l’établissement. »
« C’est vraiment le jour le plus compliqué ! »Un étage en dessous, sa collègue, Hélène Thonnat, finalise la mise en place de la petite bibliothèque installée au milieu de sa classe. Pour elle, la rentrée est un peu différente. « C’est vraiment le jour le plus compliqué ! » Et pour cause : elle gère trois niveaux, de la petite à la grande section de maternelle. « Pour les petits bouts qui font leur première année à l’école, la séparation avec les parents peut être déchirante. Pour les parents aussi d’ailleurs. »
Comme chaque année, quelques cris vont animer le centre de Vieille-Brioude et des larmes vont couler. « Mais cette séparation est obligatoire, qu’elle se fasse devant le portail ou dans la cour, les parents doivent partir. En général, vers 9 h 30, je leur dis de nous laisser. »
Les anciens élèves deviennent... parents d'élèvesPour l’anecdote, certains d’entre eux connaissent très bien Hélène Thonnat. « Je suis ici depuis 25 ans et je commence à avoir les enfants de certains de mes premiers élèves. » Une situation particulière qui la fait sourire. Mais pour que tout soit parfait, elle oublie très vite la nostalgie et se concentre sur les dernières tâches qu’il lui reste.
Quelques mètres plus loin, deux ardoises viennent de prendre place sur une petite table avec les inscriptions CE et CM. « Elles vont nous servir à compter le nombre d’enfants à la cantine », explique Charles Raffier. Aucun détail n’a été oublié.
Et cette nouvelle année sans réel protocole sanitaire peut débuter. « Cela a été très compliqué pendant deux ans. Les enfants ne devaient pas se mélanger, pas se toucher, se méfier des autres car ils pouvaient être contagieux… C’est à l’encontre des valeurs de l’école. On leur apprend chaque jour à aller vers les autres, échanger », regrettent les deux enseignants. Mais pour le moment, cette période est derrière eux.
Une sortie scolaire déjà programméeAujourd’hui, ils viennent de reprendre leur rythme habituel avec déjà l’idée d’une sortie scolaire.
« Toutes les classes vont se rendre à l’exposition Picasso l’œuvre ultime : hommage à Jacqueline au Doyenné. C’est une réelle chance de pouvoir proposer cela aux enfants. On va avoir une belle base de travail pour les semaines à venir. »
Cette fois c’est sûr, les vacances sont terminées !
Texte et photos : Nicolas Jacquet
