Que faire face aux plantes aquatiques qui prolifèrent dans le lac du Causse (Corrèze)
Vers la troisième semaine du mois d'août 2022, dans certaines parties les moins profondes du lac du Causse, des tapis verts apparus à la surface ont surpris les usagers du site, même si le phénomène revient à la même époque depuis une dizaine d’années.
Un phénomène qui revient tous les mois d'aoûtCe sont des plantes aquatiques qui forment des herbiers hauts et denses sous l’eau jusqu’à la surface, comme la ceratophyllum ou une autre variété, piquante comme du houx. « Elles reviennent tous les étés, fin août, mais prolifèrent de plus en plus, notamment le long du lit de la Couze (de l’autre côté du lac, face à la zone de baignade, N.D.L.R.) », constate Patrice Barki, responsable de la base nautique du lac du Causse.
Recensement. Un recensement de la flore du lac du Causse a été réalisé tout récemment par le conservatoire botanique national du Massif Central. Ses résultats pourront donner le nom des différentes plantes aquatiques rencontrées.
« Ces plantes ne sont pas toxiques ; elles ont même l’avantage de filtrer l’eau et ont tendance à “prendre la place” des cyanobactéries (les algues bleues). Mais elles peuvent gêner les activités nautiques et de pêche… Les poissons, eux, sont contents ! »
Les plantes se développent dans les zones les moins profondes du lac, comme au niveau du lit de la Couze.Les habitués du lac, comme les licenciés du club des sports nautiques de Brive (CSNB), ont l’habitude de faire avec ces plantes. « Cette année, elles sont apparues un peu plus tard que d’habitude, quand les températures ont commencé à baisser, ce qui a permis de ne pas entraver les activités de la saison estivale, commente Mickaël Bousquet, président du CSNB. La saison du club a repris samedi dernier mais on s’adapte, on slalome, le bassin est assez grand. L’an dernier, on était plus impacté avec l’organisation d’une compétition d’aviron. »
Pas de solution miracle contre ces plantesEn 2021, les équipes de la base nautique avaient dû en effet couper des plantes pour permettre à la manifestation du CSNB de se dérouler dans de bonnes conditions.
« Il n’y a pas de solution miracle pour les éradiquer, selon Patrice Barki. On ne peut pas utiliser de produit chimique qui déséquilibrerait faune et flore du lac ; dans la même logique, on ne peut pas curer le lac avec des sédiments formés en quarante ans et l’opération serait très coûteuse. Et quand on coupe les plantes, elles vont se développer un peu plus loin. »
La vidange partielle du lac du Causse, réalisée une fois par an après les vacances de Toussaint, permet cependant de lutter contre leur prolifération, comme celle des cyanobactéries. « Et on traite les deux plages réservées à la baignade surveillée : on cure et on remet du sable. Dans cette zone piétinée par les baigneurs, on ne trouve pas de plantes. »
Un fauchage nécessaire pour les manifestationsLes équipes de la base nautique n’interviennent ainsi qu’en amont de manifestations sportives, comme la prochaine prévue sur le lac : la coupe du Causse de nage en eau libre, les 10 et 11 septembre. « On va devoir créer un couloir en coupant certaines plantes. On utilise des chaînes et deux bateaux pour les faucher », précise le directeur de la base nautique.
Le site, labellisé Terre de Jeux 2024, devra sans doute déployer des moyens plus importants pour permettre l’accueil des délégations françaises et étrangères d’aviron et triathlon pour leurs préparations aux JO : « Il faut envisager d’utiliser une faucardeuse (machine destinée à faucher les algues, N.D.L.R.). »
Dans environ un mois, ces plantes auront disparu naturellement : « Elles meurent et sont amenées par le vent sur les plages où on doit les ramasser. »
Photos : Stéphanie Para. Texte : Christine Moutte
