"J’admire Tarantino, mais certains de ses films me posent problème"
Habitué du thriller depuis Harry, un ami qui vous veut du bien en 2000, Dominik Moll est passé en 2019 au polar plus ancré dans le réel avec Seules les bêtes, d'après le roman de Colin Niel. Le cinéaste franco-allemand poursuit dans cette veine avec son nouveau film La Nuit du 12, qui était présenté hors Compétition au Festival de Cannes en mai dernier.
Inspiré de 18.3, une année à la PJ, livre-enquête de la journaliste Pauline Guéna publié en 2020, Dominik Moll déjoue d'emblée l'attente des spectateurs, en précisant que l'enquête à laquelle ils vont assister ne trouvera pas de résolution… "Pauline Guéna a passé un an dans une brigade criminelle à Versailles. Elle a écrit ce livre à propos de son expérience, de la vie quotidienne et du travail de ces inspecteurs. Dans cette affaire, qui n'occupe que 40 pages sur les 500 du livre, deux choses m'ont intéressé. La première, c'est qu'elle explique comment un officier de police devient obsédé par une affaire. La seconde, c'est justement que le crime n'est pas résolu. On a raconté des milliers d'affaires criminelles dans la littérature, au cinéma, dans les séries télé… Je voulais un angle nouveau. Et le fait qu'il n'y a pas de résolution est quelque chose d'assez inhabituel, mais aussi d'assez délicat, car le public a envie de savoir qui est le criminel… C'était donc un défi intéressant. Le but du film n'est pas de trouver le meurtrier, même si les policiers passent leur temps ...
