Denoix, maître liquoriste depuis plus de 180 ans à Brive (Corrèze)
C’est en 1839 que débute l’histoire de la plus vieille distillerie de la Corrèze. Tout commence avec Pierre Lacoste qui fonde une distillerie à Brive-la-Gaillarde afin de produire son curaçao triple sec. Il est ensuite rejoint par Louis Denoix, avec un nom prédestiné à la conception d’eau de noix. À la mort de Pierre Lacoste, Louis Denoix prend la tête de l’établissement et crée ainsi sa première liqueur digestive : le « Suprême Denoix ». À ce jour, le curaçao et le Suprême sont encore produits par la distillerie.
Une maison chargée d’histoireEnsuite, les générations s’enchaînent. La femme de Louis Denoix prend son relais pendant plus de 20 ans. Puis leur fils, Elie Denoix, arrive à la tête de la maison en multipliant les créations tout au long de sa vie. Il est notamment à l’origine de la fameuse moutarde violette de Brive. La troisième génération est assurée par son fils Bernard Denoix, qui prend la décision, pour la maison, de rester commerçant et artisan. La distillerie reste donc en centre-ville de Brive et continue à produire ses liqueurs sur place. En 1986, il relance la moutarde violette qui a aujourd’hui une renommée internationale.
En 1991, sa fille Sylvie Denoix-Vieillefosse, accompagnée de son mari Laurent Vieillefosse, prend les rênes de la maison. Le couple travaille beaucoup sur la renommée de la distillerie. Ils cherchent à faire connaître l’héritage familial, toujours dans un souci constant de qualité. Ils obtiennent ainsi, en 2007, le label d’Entreprise du patrimoine vivant, qui apporte une reconnaissance de leur travail et de la visibilité.
Un savoir-faire uniqueNous arrivons donc à la cinquième génération, Paul et Marie Bastier, l’arrière-arrière-petite-fille de Louis Denoix, à la tête de l’établissement depuis janvier. Paul Bastier a déjà mis au point une recette de rhum épicé, le « 1839 ». Aujourd’hui, la maison Denoix a bien grandi et elle propose désormais une gamme de 13 liqueurs macérées ou distillées, ainsi que 13 apéritifs. Toujours en respectant les recettes et les techniques de l’époque. À côté, Denoix fait aussi de la vente de vins, de spiritueux et de bières avec des cavistes de la région.
En parallèle, sont organisées des visites guidées des locaux avec dégustation. Marie Bastier explique que « la boutique est aussi notre lieu de travail, donc les visiteurs peuvent assister à la création de nos liqueurs. » Au cours des visites, on comprend tout le cheminement de la noix, de l’arbre jusqu’au palais. « Début juillet, on broie les noix lorsqu’elles sont gorgées de jus, puis on les presse et les mélange à de l’alcool. Cela macère pendant plus de cinq ans afin qu’on obtienne de l’alcool de noix, qui est la base de nos recettes. Ensuite, on rajoute soit du vin, soit du cognac ou de l’armagnac puis on aromatise. »
Tout est fait comme à l’époque, dans le même bâtiment et avec le même matériel. L’alcool macère toujours dans les chais, puis passe par l’alambic et les grandes cuves en cuivre. « On cherche vraiment à préserver et à respecter le savoir-faire qui s’est transmis de génération en génération », précise Marie Bastier.
Enzo Chatel
Visites. En été, du mardi au vendredi, à 14?h?30. Le reste de l’année, sur réservation pour un groupe d’au moins 15 personnes.
Plus de renseignements au 05.55.74.34.27.
