A Aurillac (Cantal), la ministre de la Culture confie son émotion de retrouver un festival qu'elle « connaît bien »
Familière ! Familière, Rima Abdul Malak l’était, indéniablement, en acceptant de poser pour un selfie avec une artiste des compagnies de passage, réunies pendant quatre jours à l’occasion du festival de théâtre de rue d’Aurillac, juste avant d’aller prendre un verre avec les organisateurs de celui-ci.Familière, elle s’est révélée l’être aussi du festival lui-même.
« Rien ne me prédestinait à être ministre de la Culture, quand je venais, étudiante, ici, avec un matelas dans le camion, au festival d’Aurillac. »
Elle poursuit : « Et oui ! On a appris à prendre des douches depuis… », plaisantait-elle, en prenant la parole devant élus, organisateurs et artistes. Visiblement très à l’aise.
Pas de prédestination, mais de la déterminationPoint commun, sans doute, entre le festival cantalien qui a fêté ses 35 éditions, et la femme politique, ex-conseillère spectacle vivant et conseillère culture à la mairie de Paris, ex-attachée culturelle auprès de l’ambassade de France aux États-Unis : pas de prédestination, mais plutôt de la détermination !
La ministre de la Culture (*) rappelait à partir de quel terreau le festival d’Aurillac s’est ancré, a poussé jusqu’à dépasser les frontières. Et combien il a changé d’échelle en 35 ans.« Rien ne le prédestinait, en 1986, avec sept compagnies officielles invitées, et une de passage, à devenir le rendez-vous international incontournable, connu dans le monde entier, pour les arts de la rue. Celui qui a placé les arts de la rue sur la carte de la création artistique et de la liberté d’expression, au sens large et qui contribue à faire de la France sa spécificité à l’international : sa façon d’ouvrir l’espace public à l’expression et aux arts », posait la ministre.
— Marie-Edwige Hebrard (@medwigeh) August 20, 2022Deux ministres de la Culture à Aurillac
Voilà dix ans qu’Aurillac n’avait pas accueilli de ministre de la Culture en plein festival. « En tout cas pas de ministre de la Culture en fonction ; même si on est toujours ministre… », adressait Pierre Mathonier, maire d’Aurillac, en guise de clin d’œil à la présidente, Françoise Nyssen, à quelques pas de lui. « Deux ministres de la Culture réunies à Aurillac, le même jour, ce n’est certainement pas anodin ni seulement symbolique, ni seulement politique. C’est un signe important », abondait Frédéric Rémy, directeur du festival.À la présidente, celui qui dirige l’association Eclat exprimait sa reconnaissance pour la simplicité avec laquelle elle les accompagne depuis plus de deux ans. « Elle a défendu, elle défend et défendra, je suis sûr, de manière résolue, les arts de la rue avec détermination et avec passion ».
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Rima Abdul Malak, Ministre de la Culture, entourée par le maire d'Aurillac, Pierre Mathonier et Frederic REMY, directeur de l'association Eclat. Jeremie FulleringerLe directeur du festival et le maire d’Aurillac voulaient voir en la présence concomitante de la ministre de la Culture d’hier et celle d’aujourd’hui, une forme d’attachement à celui-ci bien sûr. Et au-delà, presque un engagement à le voir conforter. Et durer. « On espère beaucoup de votre présence à toutes les deux. Ne nous décevez pas », lançait le maire qui, quelques minutes plus tôt avait traduit sa volonté de voir « repartir le festival sur des bases saines » [après deux années très compliquées dues à la crise sanitaire].
« L’équipe d’Éclat a fait un travail énorme pour que cette édition 2022 ait lieu. C’est par l’unanimité des partenaires qu’on peut faire ce festival. Il y a un travail en commun. Et quand tout le monde tire dans le même sens, ça fonctionne très bien. »
Consensus ! Rima Abdul Malak rappelait que « ce festival est né d’une conviction artistique et d’une volonté politique. Si les deux ne marchent pas ensemble, cela ne peut pas durer plus de 30 ans. »
À l’heure où la liberté d’expression est sans cesse menacée et où ceux qui la défendent sont violemment agressés, l’actuelle ministre de la Culture soulignait la préciosité de compter Françoise Nyssen, éditrice, dans les rangs d’Éclat. A Aurillac, Rima ABDUL-MALAK a retrouvé Francoise NYSSEN, ancienne Ministre de la Culture, presidente de l'association Eclat, qu'elle connaît bien.« C’est une fantastique éditrice et en ces temps troublés, il y a un enjeu important à être ici à Aurillac, qui est le lieu aussi, de l’appropriation de l’espace public par les artistes. Il s’y exprime une forme totalement libre de création et d’expression. Il faut la soutenir. La rue, n’importe quel espace extérieur, peut devenir un espace de jeu, d’imagination, de rencontre avec les publics. »
« Gardez la flamme ! »Ces découvertes inattendues avec l’art, ces surprises, ces rencontres étonnantes ou émouvantes à tous les coins de rues, Rima Abdul-Malak les appelle de ses vœux, les encourage.
— Préfet du Cantal ???????? (@Prefet_15) August 20, 2022« Dans les arts de la rue il y a toujours ce moment qu’on ne sait pas prévoir et qui arrive : cette magie, ce moment de poésie, cette rencontre avec une forme artistique qu’on ne s’attend pas à voir. » Une richesse, un éveil, un émerveillement.
« Merci à tous d’avoir tenu bon pendant toute cette crise sanitaire, qui perdure plus ou moins et qui se mélange à une crise économique, géopolitique, morale, écologique. Tout ça nous percute »
Elle poursuit : « Mais c’est aussi parce que toutes ces crises nous percutent, qu’être ensemble, regroupés dans des espaces gratuits, dans la rue, c’est ce qu’il y a de plus fondamental et de plus poétique dans la rencontre entre les artistes et les habitants. Gardez la flamme : il faut encore 30 ans d’Aurillac. Et au-delà... », a-t-elle exhorté les artistes et organisateurs.
Marie-Edwige Hebrard(*) Rima Abdul-Malak a été nommée ministre de la Culture, en mai 2022, dans le gouvernement d’Élisabeth Borne.
