Des oasis vertes et feuillues naturellement climatisées
Mérinchal. Les Hautes Combrailles ont aussi besoin d’oasis. C’est un de ces chemins communaux ouvert assez large pour que deux paires de bœufs et leur chargement se croisent. Jusqu’au milieu du XX e siècle, le trafic était dense, surtout les jours de foire. L’empierrement soigné de sa chaussée a bien résisté aux intempéries et au surpoids des nouvelles machines agricoles. À droite, les fils de fer barbelés sont tout de suite là. Ils séparent le chemin d’une plaine qui plonge de prairies en forêts.
Le côté droit, le plus intéressant, grimpe sur un talus qui, au fil du temps, s’est planté de centaines d’arbres, des chênes surtout, qui dans une grande majorité, ont calé leurs racines pour se tenir bien droit. Dès que le soleil brûlant vous pousse à l’ombre des grands arbres, l’air redevient respirable. La nature branche sa climatisation feuillue. Les oiseaux voltigent de branches en branches. Pouillots, mésanges et fauvettes peuvent se gaver d’insectes car, au fond du chemin, une source intarissable alimente le fossé, ils pourront lustrer leurs plumes et se désaltérer.
Laissons les arbres gérer leur environnementLe haut du talus est lui aussi délimité par une clôture. Pour savoir à qui sont ces arbres, il suffit de regarder de quel côté de l’écorce s’est noyé le fil de fer barbelé. La profondeur des cicatrices donne une idée du temps qui a passé depuis. Un troupeau de vaches limousines profite de l’ombre et de quelques feuilles volées aux bouquets de noisetiers, plus loin ce sont des laitières qui se sont placées en rang à l’abri du soleil. Elles ont l’air beaucoup plus en forme que les charolaises aperçues, hier, dans un champ d’herbe cuite.
En Hautes-Combrailles, on aura de plus en plus besoin de ces oasis qui entretiennent la biodiversité et luttent contre le réchauffement climatique. Sachons les préserver car les arbres seront peut-être un jour notre dernière planche de salut !
