Le risque d'incendie reste faible pour nos forêts du Puy-de-Dôme mais...
Si le risque d’incendie reste très modéré chez nous, il est malgré tout en augmentation et surtout à prendre en compte afin d’anticiper les risques, comme l’explique Philippe Regad, référent incendie de forêts pour l’Office national des forêts (ONF), basé à Lempdes.
Quelles essences composent nos forêts ?
« Dans le Puy-de-Dôme, on a beaucoup de peuplements de feuillus, dont une partie à base de chênes et de hêtres. On a aussi eu beaucoup de plantations résineuses dans les années 1960-1970.
La grosse différence entre le Puy-de-Dôme et l’Aquitaine ou le quart sud-est de la France, c’est qu’on n’atteint pas les mêmes niveaux de desséchement de la végétation. Nos sols gardent plus l’humidité, sont beaucoup moins filtrants et on a des températures moins élevées et des vents moins importants. »
Quels moyens de prévention sont mis en place ?
« Pour l’instant, le risque incendie étant faible, l’État ne nous demande pas vraiment d’organiser un système de surveillance dédié aux feux de forêt. Il y a des périodes d’alerte météo ; justement, nous sommes en plein dedans.
Sur le Puy-de-Dôme, ça vient de se terminer ce mardi 19 juillet. On était en alerte depuis le 14 juillet. Ça concerne encore beaucoup la Haute-Loire. »
Qu’impliquent ces alertes météo ?
« Ces indices de danger sont calculés quotidiennement et mis à jour. Au-delà d’un certain seuil, il faut prendre des mesures de sauvegarde : limiter certains travaux forestiers à la matinée, voire les interdire complètement ; se rapprocher des communes et conseiller au maire d’interdire une manifestation prévue avec du public en forêt ou en limite de la forêt ; lui conseiller de fermer des pistes d’accès à des massifs forestiers sensibles… Et nous, on peut éventuellement organiser des tournées de surveillance. Pour l’instant, ça n’a pas encore été fait dans le Puy-de-Dôme. »
Avez-vous en mémoire un ou des incendies particulièrement violents ?
« Les gros incendies se sont beaucoup produits dans les années 1960-1970. Il y a eu de grandes plantations sur des dizaines, voire des centaines d’hectares. La végétation a été coupée, broyée, pour mettre en place les plants. Cela a généré énormément de pousses d’herbacées, de genêts…
Donc il y avait des surfaces considérables de cette végétation qui desséchaient beaucoup et qui devenaient très inflammables. Aujourd’hui, dans le Puy-de-Dôme, on est à quelques dizaines d’hectares de forêts brûlés chaque année. »
Que faut-il pour faire face aux changements actuels ?
« Il faut qu’on anticipe, qu’on monte en compétence année après année, parce que le climat est en train de faire sans nous. Les forêts souffrent énormément. Il y a beaucoup de dépérissements : on a de plus en plus ces fameux peuplements ouverts, avec du sous-étage qui prend la place des arbres. Les forêts vont non seulement être soumises à des facteurs climatiques plus desséchants, mais en plus elles vont devenir plus inflammables. Le risque reste très modéré, mais est forcément en augmentation… »
Gaëlle chazal
gaelle.chazal@centrefrance.com
