Discorde autour de possibles aménagements urbains à Sayat (Puy-de-Dôme)
Dans les ruelles d’Argnat, à Sayat, le chant des oiseaux embellit la balade du dimanche. « Vous les entendez ? questionne Philippe depuis son jardin. Aujourd’hui, on peut profiter du cri des oiseaux, mais il pourrait être remplacé par le bruit du lotissement en construction. »
Comme Philippe, près de 240 Argnatois ont signé une pétition contre une Orientation d’aménagement et de programmation (OAP) imaginée par la communauté d’agglomération Riom Limagne et Volcans (RLV). Celle-ci s’oriente vers l’apparition de 36 nouveaux logements en périphérie du village.
Mais pour l’heure, la mairie l’assure : « Aucun projet d’urbanisme n’est en cours. » « Toute zone à lotir doit obligatoirement disposer d’une OAP, un schéma de principe montrant les grandes lignes directrices où se situeront les accès ou les cheminements piétons, détaille Nicolas Weinmeister, maire de la commune de Sayat. Mais ce n’est pas le plan d’aménagement définitif du secteur et cela ne signifie pas que le projet va démarrer tout de suite », tempère-t-il.
Zone riche en faune et en floreAu cœur de la discorde, la zone des Condamines. Ce territoire riche et diversifié en faune et en flore s’étend sur 2,7 hectares. « Il faut défendre cette terre. C’est un lieu de promenade pour les familles et on y trouve des chevreuils, des biches et même des faisans », énumère Ludo, arrivé à Argnat il y a 5 ans.
Depuis 2009, la zone est constructible. Le maire souhaite la garder telle quelle dans la décennie à venir « pour avoir la capacité d’accueillir de nouveaux habitants. » Une mesure de prévision qui, si elle devenait effective, dégraderait la qualité de vie dans le village, estime Judicaël, dont la maison se situe en face des Condamines.
« C’est un projet démesuré par rapport à la taille du village. Les routes sont trop étroites pour accueillir de nouvelles voitures et cela nuirait au calme d’Argnat. »
Judicaël, habitant d'Argnat
Sauver l’école maternelleL’enjeu de cette OAP se situe au niveau de l’école maternelle du village. Pour l’heure, les classes comptent suffisamment d’élèves. Mais la tendance devrait s’inverser dans les prochaines années, ce qui entraînerait leur fermeture, selon la mairie.
« Notre travail en tant qu’élu est de se projeter sur l’avenir. Si demain, il n’y a pas suffisamment de nouveaux habitants avec de jeunes enfants pour renouveler les effectifs scolaires, il n’y aura plus d’école et donc plus de vie dans le village », redoute Nicolas Weinmeister.
En réponse à la pétition signée par la moitié du village, la mairie a décidé d’agir. Elle a promis de réduire de moitié la zone constructible.
Gabriel Chanéac
