Nos idées pour passer une journée réussie à Orcival (Puy-de-Dôme)
En panne d'idée pour une sortie entre amis ou en famille ? On vous conseille de vous laisser tenter par une balade à Orcival.
Pourquoi ? D'abord parce que sa basilique Notre-Dame d’Orcival est l’un des cinq joyaux de l’art roman auvergnat. Elle accueille chaque année des milliers de visiteurs et de pèlerins qui viennent (re)découvrir ses trésors, dont Jérôme Coppack connaît l’histoire par cœur…
Guide-conférencier et interprète, Jérôme Coppack ne se lasse pas de partager ses connaissances autour des trésors dont recèle la basilique Notre-Dame-des-Fers d’Orcival.
Une des cinq églises romanes majeures d'AuvergneL’édifice fait partie des cinq églises romanes majeures d’Auvergne et mérite d’abord qu’on en observe les pépites extérieures : ses arcs brisés - parmi les premiers apparus en Auvergne -, son clocher octogonal, qui repose sur un massif barlong servant de transition entre le chevet et le clocher, puis la pierre qui a servi à sa construction : de l’ordanchite, extraite de la banne d’Ordanche.L’une des particularités de cet édifice, c’est l’installation de ces boulets, de ces chaînes, accrochés sur la façade. Il s’agit d’ex-voto. On pense qu’ils étaient donnés en remerciements, la Vierge étant souvent invoquée pour être libéré », débute Jérôme Coppack.
D’où ce surnom même de Notre-Dame des Fers, et l’ajout de ces souvenirs de détention sur la façade. Quand on était au bagne, en prison ou autre, on priait la Vierge. Et si on était libéré, on venait ensuite en pélerinage à Orcival et on les accrochait.
La basilique d'Orcival fait partie des cinq églises romanes majeures d’Auvergne avec Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand, Notre-Dame de Saint-Nectaire, de Saint-Austremoine à Issoire et de Notre-Dame de Saint-Saturnin. A noter que Notre-Dame d’Orcival a même une confrérie.
Un pèlerinage chaque jeudi de l'AscensionAujourd’hui encore, le pèlerinage programmé chaque jeudi de l’Ascension attire les foules : « Au moins 1.500 personnes sur la journée », assure Jérôme Coppack, conscient du grand attachement des fidèles à la Vierge conservée précieusement à l’intérieur de la basilique, une Vierge romane en majesté datant du XIIe siècle.
« Cette Vierge a sans doute été inspirée de celle qui se trouvait dans la cathédrale de Clermont et qui a été détruite à la Révolution. Elle a été réalisée par Alleaume, un sculpteur orfèvre, qui a également réalisé le trésor de Sainte-Foy de Conques. On le sait parce qu’Alleaume a fait des dessins préparatoires de la Vierge, qui ressemble étrangement à la Vierge d’Orcival. »
Vierge en majesté À Orcival, la statue a même conservé sa parure de vermeil. Elle est assise sur un trône, construit tel un temple, et elle offre le Christ.
« Ici, on n’a pas la représentation d’une mère avec son enfant, le Christ a un visage d’adulte. On peut s’étonner aussi de la taille des doigts ; ils étaient extrêmement longs à l’époque romane, on insistait sur la taille des doigts parce que comme les mains, ils symbolisaient la transmission. »
Majesté côté pile, paysanne côte face ?En faisant le tour de la statue, prenez le temps d’observer chacun de ses profils. Y voyez-vous vous aussi deux personnages différents, avec d’un côté le profil d’une majesté, et de l’autre celui d’une paysanne ?En tout cas, n’oubliez pas non plus d’observer les portes de la basilique, du XIIe siècle et d’origine, avec leurs vantaux en bois et leurs éléments métalliques : « de la ferronnerie d’artisanat, qui s’est beaucoup développée à l’époque romane ». Et de faire une halte près de l’entrée, afin d’observer l’ancienne vasque dotée d’une tête de taureau, où l’on procédait autrefois aux baptêmes.
Après la nourriture spirituelle, place aux confiseries et chocolat...Une petite pause gourmande ne se refuse jamais, vous ne pensez pas ? Alors après votre visite de la basilique, pourquoi ne pas faire une halte à la Maison de la confiserie et du chocolat, à quelques pas seulement de l'édifice religieux ?Philippe Juilhard (la 4e génération) et son équipe confectionnent panettone, chocolats, guimauves, pâtes de fruits et bien d’autres délices pour les papilles, dont leur spécialité, La pierre des volcans.
En plus de la partie boutique, ouverte 7 j/7 jusqu’en septembre, les visiteurs peuvent directement voir ce qu’il se passe dans le laboratoire, grâce à ses vitres transparentes (du mardi au samedi).
Philippe Juilhard est également à la tête d’une boutique à Champeix, à Saint-Amant-Tallende et au Mont-Dore depuis février 2022.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.patisserie-juilhard.fr ou auprès de l’office de tourisme d’Orcival, qui propose des visites de la Maison de la confiserie et du chocolat chaque jeudi, à 11 heures.
auvergnevolcansancy.com.
Texte : Gaëlle Chazal (gaelle.chazal@centrefrance.com)
Photos : Renaud Baldassin
