Y a-t-il eu une « dégringolade » du nombre de filles en terminale (maths), comme le prétend le mathématicien Jean-Pierre Bourguignon ?
La déclaration
« On était arrivé à ce que le pourcentage de jeunes filles dans les classes de terminale S soit pratiquement égal à celui des garçons. On était à 48 %. Et là, il semble que le pourcentage de jeunes filles qui ont choisi de faire des mathématiques plus intensives ait dégringolé à 10 %. Donc en deux années, on a perdu 20 ans d’efforts. »
— France Inter (@franceinter) January 21, 2022
On vous explique pourquoi les chiffres avancés sur France Inter, ce vendredi matin, par Jean-Pierre Bourguignon sont quasi justes, mais que la conclusion est fausse, parce qu’il effectue sa comparaison à partir de bases différentes.
Ça augmente un peu avant 2014Pour essayer de comprendre pourquoi, selon Jean-Pierre Bourguignon, la baisse du nombre de filles était si importante, nous sommes allés consulter les chiffres de l’Éducation nationale. Pas de raison de ne pas croire ce ponte des mathématiques que l'on respecte beaucoup.
De 1985 jusqu’en 2014, la part des filles dans les classes de terminale scientifique est passé de 41 % à 46 %. C’est certes notable, mais ce n’est pas non plus l’augmentation du siècle en « vingt ans d'efforts... »
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Les derniers chiffres les plus récents de l’Éducation nationale confirment d’ailleurs cette tendance :
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Mais alors, pourquoi parle-t-il ensuite de 10 % de jeunes filles ?Reprenons la déclaration :
« On était arrivé à ce que le pourcentage de jeunes filles dans les classes de terminale S soit pratiquement égal à celui des garçons. On était à 48 % »
Sous-entendu, avant la réforme du lycée. Et c’est vrai. Le chiffre est de 47,4 %, selon l’Éducation nationale. Que dit-il ensuite ?
« Il semble que le pourcentage de jeunes filles qui ont choisi de faire des mathématiques plus intensives ait dégringolé à 10 % »
Nous avons essayé de contacter par mail Jean-Pierre Bourguignon, via une ancienne collègue à lui qui a transmis le message.
Vendredi soir, il nous a gentiment répondu que pour avoir des informations « sur la question des filles dans les filières scientifiques (qui n’existent plus en tant que telles comme vous le savez), je pense que la personne qui peut vous donner les informations les plus complètes à ce sujet est la vice-présidentede la Société mathématique de France en charge de l’enseignement. »
On aurait aimé tout de même aimé l'interroger sur son calcul. Merci quand même !
François Feuilleux
Nos sources :
Ministère de l'Éducation nationale.
Femmes et mathématiques.
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