Les Toques d'Auvergne restent des dures à cuire de la fusion avec Rhône-Alpes
Six ans après la fusion des régions, les Toques d’Auvergne et les Toques blanches lyonnaises font toujours table à part. « Nous avons d’excellents rapports, nous sommes toujours d’accord pour des opérations en commun, comme récemment chez Paul Bocuse pour l'émission de France 3 Goûtez-voir, mais il n’y a aucun intérêt à grossir pour grossir. Nous avons notre propre identité auvergnate », estime Jean-François Fafournoux, président des Toques d’Auvergne et chef à Augerolles (Puy-de-Dôme).
Christophe Marguin, son homologue lyonnais, nous avait pour sa part confié regretter que la fusion ne se soit pas réalisée : depuis quelques années, les Toques lyonnaises s’éloignent en effet des rives de la Saône et du Rhône pour intégrer des chefs, mais aussi des artisans, de tout l’est de la région.Jean-François Fafournoux, président des Toques d'Auvergne.
Un Auvergnat, Bocuse d'or, adhére aux Toques lyonnaisesUn élargissement auquel a adhéré Serge Vieira, de Chaudes-Aigues (Cantal), il y a trois ans. « Christophe Marguin m’a dit : “Ce serait bien que tu sois le premier Auvergnat, tu as deux étoiles et tu as été Bocuse d’Or” », raconte le chef originaire de Clermont. Et il ne le regrette pas : grâce à sa présence sur le guide lyonnais, les Rhodaniens sont nombreux à venir découvrir sa cuisine, notamment l’été, assure-t-il.
« On est désormais dans la même maison, l’A89 amène chez moi en moins de trois heures. »
Lui qui n’est pas adhérent des Toques d’Auvergne estime que ces dernières devraient franchir le pas sans avoir peur d’être mangées toutes crues.
Si la Cité de la gastronomie de Lyon, mal pensée et achevée par la crise du Covid, a fait long feu, nul doute que, quand la période délicate que vit la profession sera passée, elle sera relancée par un nouveau projet. Avec ou sans fusion, l’Auvergne pourrait y trouver sa place, puisque le président du comité d’orientation stratégique de la Cité de la gastronomie n’est autre que Régis Marcon, la plus illustre des Toques d’Auvergne.
On a visité la Cité internationale de la gastronomie de Lyon avant son ouverture (octobre 2019)
Laurent Bernard
