Un vase estimé à plus d'un million d'euros mis en vente le 19 juin à Clermont-Ferrand
C’est une histoire de Belle au bois dormant, que se plaît à raconter Bernard Vassy, commissaire-priseur de l’hôtel des ventes de Clermont-Ferrand… Les occupants d’une bâtisse du Puy-de-Dôme veulent se séparer de certains objets à l’occasion d’un déménagement. Ils tombent sur un vase en porcelaine de Chine qui sommeillait là.
Daté de l’époque YongleIls se renseignent et un expert dévoile l’inattendu : cette pièce, très rare, date du début du XVe siècle et fait partie des porcelaines à décor bleu (obtenu avec le cobalt) les plus anciennes. « J’exerce mon métier depuis plus de quarante ans mais c’est un objet que je ne suis pas capable de sentir tellement il est rare », avoue humblement Bernard Vassy.
Renseignements pris, il s’agit d’un vase d’ornement de forme meiping et daté de l’époque Yongle, qui n’a duré qu’une vingtaine d’années (1403-1424). Une période qui se caractérise par un style artistique bien marqué, mélange de fruits et de fleurs.
Descriptif. Un registre de dix fruits dans leur feuillage divisé en deux parties (litchi, grenade, melon, gingko, etc) ; l’épaulement orné de douze fleurs dans une frise de lingzhi (camélia, hibiscus…) ; le pied surmonté d’une frise de feuillage formant spirales surmontée de dix pétales de lotus comportant les mêmes fleurs que l’épaulement.
L’objet apparaît petit (36 cm) mais il ne faut pas se fier aux apparences. Mis en vente le 19 juin prochain à l’hôtel des ventes de Clermont-Ferrand, il est estimé à un million, voire un million et demi d’euros. Sans doute un record à venir pour la salle clermontoise.
2.500 guides et objets Michelin mis en vente à Clermont-Ferrand
« C’est une pièce de musée donc il est estimé à un prix de musée, indique le commissaire-priseur. J’ai la quasi-certitude qu’il repartira en Chine à l’issue de la vente. Depuis une vingtaine d’années, les Chinois rachètent dans le monde entier les pièces de leur patrimoine artistique et culturel. Et il faut souligner l’extrême rareté des pièces de cette époque, où la production n’était pas très importante, réservée à une élite. »
Thierry Senzier
