Les habitants de Mauriac (Cantal) ont-ils des trésors enfouis sous les pieds ?
Rue du Collège, à Mauriac, ce mardi 15 juin, dans l'après-midi. Un conducteur d’engin de chantier et une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) observent attentivement le trou qu’ils viennent de creuser dans la chaussée. Quelques notes, des mesures et tous pensent déjà aux deux autres rues (la sous-préfecture et Guillaume-Duprat) qu’il va falloir “fouiller” durant cette petite semaine de chantier.
Des recherches en sous-sol de la villePas encore de grosses découvertes archéologiques non loin de la place Georges-Pompidou et de la basilique Notre-Dame-des-Miracles imprégnées des siècles passés et pour cause. Il s’agit d’un diagnostic préventif avant d’éventuelles fouilles plus poussées si des vestiges sont repérés.
De quoi compromettre les projets de la Ville et ses futurs chantiers d’aménagement et de voirie ?Pas vraiment, comme l’explique Élise Nectoux, archéologue au Pôle architectures et patrimoine de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) AuRA.
« On intervient dans de nombreux centres bourg anciens chargés d’histoire, avant les travaux projetés, pour voir si des vestiges sont conservés ou pas dans les sols, précise l’archéologue. Dans les cas les plus fréquents, on laisse les vestiges identifiés enfouis s’ils sont dans un bon état de conservation. Mais si le patrimoine est menacé par les travaux prévus, on sort le vestige pour le protéger. Le diagnostic est là pour rechercher des vestiges, documenter leur état de conservation et la profondeur de l’enfouissement. »
A noter. Les derniers diagnostics menés sur Mauriac n’avaient pas nécessité de fouilles poussées. Selon Christelle Fraysse, de l’Inrap AuRa, « la ville a un passé très important, très intéressant et il nous faut savoir l’état de conservation de ses vestiges potentiellement enfouis et découvrir ce qui se trouve dans les sous-sols ». En mars 2021, une association a effectué des fouilles cette fois, au monastère Saint-Pierre.
Aurélie Savignat, de l'Inrap AuRA, au lancement des travaux, rue du Collège.
L’intervention d’archéologie préventive devrait durer trois à quatre jours, cette semaine, sur les rues du Collège, Guillaume-Duprat et la petite rue de la sous-préfecture, avant que les trous formés ne soient rebouchés. « Ensuite, on verra le projet de travaux et si le terrassement porte ou pas atteinte aux vestiges », résume Élise Nectoux.
Il y a quelques mois, les archéologues avaient déjà effectué un passage à Mauriac pour une étude du bâti, pour documenter les constructions, dans les élévations. Cette semaine, ce sont les sous-sols qui les intéressent.
Magali Roche
