Arthur Iturria (ASM Clermont) : « Être capitaine m’a fait grandir »
Le ballon échappé dans l’en-but ; les regrets à l’issue du barrage ; sa promotion comme capitaine ou l’arrivée de Jono Gibbes : Arthur Iturria n’élude aucun sujet.
Arthur, revenons brièvement sur l’élimination de samedi. Comment l’avez-vous vécue ?
« On a toujours des regrets après une défaite. Il y a surtout de la déception. »
Les regrets, c’est notamment ce ballon qui vous échappe dans l’en-but avant d’aplatir ?
« Je savais que je n’avais pas marqué. Cela a été un moment important du match. Ce sont des points qui ont manqué au final. Nous aurions pu faire un beau break (il y avait 7-3 à ce moment-là, N.D.L.R). »
Cette défaite est-elle à l’image de votre saison ?
« On s’était arraché pour jouer ce barrage. On savait que cela se jouerait sur des détails. Nous avions fait un beau match la semaine précédente contre La Rochelle. Mais nous n’avons pas su enchaîner. Je ne sais pas si ce match est à l’image de la saison car elle a été vraiment un peu particulière. »
Selon vous, que vous a-t-il manqué ?
« On s’est amélioré tout au long de la saison dans divers secteurs. Mais en même temps, d’autres donnaient des signes de faiblesse. Un jour, c’était la conquête, un autre la défense : on n’a jamais su mettre tous les ingrédients en même temps. On a manqué aussi de rigueur sur les choses simples contrairement à d’autres équipes qui jouent peut-être moins mais qui sont disciplinées et rigoureuses. »
« Cela m’a fait drôle de me dire que Franck Azéma ne sera plus là. C’est vrai, on a été dans le flou à un moment. Les résultats étaient moyens aussi à ce moment-là. »
La décision de Franck Azéma annoncée en février de ne pas continuer la saison prochaine a-t-elle eu un impact ?
« Pas sur les résultats. On s’est battu jusqu’au bout avec la même envie. Mais cela a changé des paramètres. Il a pris un peu plus de recul en lâchant un peu les rênes sur la fin. Je le connais depuis le début. Cela m’a fait drôle de me dire qu’il ne sera plus là. C’est vrai, on a été dans le flou à un moment. Les résultats étaient moyens aussi à ce moment-là. C’était un peu spécial, surtout pour le staff d’ailleurs car nous, joueurs, savions que l’on jouerait encore à l’ASM. »
L’arrivée de Jono Gibbes vous rassure-t-elle ?
« C’est un coach de grande qualité, qui connaît aussi un peu le club et qui va continuer à le faire grandir. Mais ce n’est pas un gage de réussite car ce sont les joueurs qui sont sur le terrain. »
Le fait de prendre le brassard a-t-il changé quelque chose pour vous ?
« Etre capitaine entraîne d’autres responsabilités. Mais je suis resté moi-même. Néanmoins, cela m’a fait grandir et progresser. C’est une nouvelle expérience. L’approche des rencontres est différente. Il faut d’abord penser à l’équipe plutôt qu’à soi. »
Des jeunes ont éclos cette saison devant (Falatea, Thibaud Lanen, Amatosero...). Est-ce vous avez le sentiment de vous revoir quelques années plus tôt quand vous aviez pris du galon ?
« Ils sont même bien plus jeunes que moi quand j’ai commencé en équipe première. Il y a une belle génération qui pointe le bout de son nez. À cause des blessures, ils se sont retrouvés sur le devant de la scène. Le club va devoir s’appuyer sur eux. Ils sont ambitieux. C’est bien. Avec eux, dans deux ou trois ans, nous pourrons avoir une équipe costaude. Mais ils doivent continuer à bosser car rien n’est jamais acquis mais ils ont envie de gagner des choses et d’avancer. »
Didier Cros
