Avec les professionnels de la montagne, Laurent Wauquiez veut écrire au Premier ministre
Parce que la montagne fait vivre près de 150.000 personnes sur la région, Laurent Wauquiez s'est positionné en premier de cordée pour défendre un secteur en grande difficulté. "Si on ne réagit pas tous ensemble, on est peut-être devant le plus grand plan social de la montagne française, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale."
Connectés en visioconférence, élus, hôteliers, directeurs de stations, guides, moniteurs de ski, magasins d'équipement, loueurs de meublés, pharmaciens, clubs sportifs ou encore saisonniers, tous ont donc tenu à montrer leur unité face à cette situation particulièrement difficile.
"On a la première montagne du monde, on veut tous la défendre et on n'a pas le droit d'échouer" (Laurent Wauquiez)L'objectif est clair : l'envoi d'un courrier commun de tous les départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à l'attention du Premier ministre Jean Castex dès lundi 1er février.
Dans un court extrait vidéo, le directeur de la station du Lioran (Cantal), Hervé Pounau ne cache pas son désarroi et son inquiétude. "L'activité montagne, c'est 80 millions d'euros d'activités induites, le Lioran c'est 200 personnes, 400 si on compte la vallée. On aurait dû faire trois ou quatre mois de saison exceptionnelle et là malgré les aides, on va devoir survivre et freiner tous nos investissements."
Des propos et un constat partagé sans mal par Eric Brèche, président du syndicat national des moniteurs du ski français (SNMSF). Sur place, il prend le micro pour rappeler l'importance d'être uni, soutenu et entendu.
"Comment réagir lorsque des professionnels de nos montagnes perdent actuellement jusqu'à 95% de leur chiffre d'affaires ? Comment peut-on se projeter dans l'avenir en partant de ce constat ? C'est extrêmement anxiogène."
"Les stations de ski ne sont pas des parcs d'attraction, ce sont des villages"Tout au long des différentes prises de paroles, les professionnels pouvaient interagir grâce à un tchat. Ce fut le cas d'une structure du Sancy spécialisée dans l'hébergement collectif avec un message sans équivoque. "Nos clients (primaires, collèges, lycées, universités) ont cessé leurs séjours depuis mars 2020, l'année 2021 est déjà déficitaire... Là, nous venons d'apprendre que les séjours en accueil collectif de mineurs (ACM) sont interdits pour les vacances de février, cela fera donc bientôt 12 mois complets d'inactivité."
Alors parmi les grandes lignes de requêtes exprimées sans doute au Premier ministre retrouvera-t-on en partie les propositions soumises par Alain Grégoire, le président de l’Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) de la région Auvergne-Rhône-Alpes. "L'Etat doit compenser les pertes d'exploitation, geler les prêts bancaires en cours jusqu'en 2022, sauvegarder les revenus des petits patrons et des gérants, reporter les charges sociales et le paiement de la taxe audiovisuelle, accorder une attention forte aux primo-accédants pour qu'ils puissent accéder aux dédommagements et enfin exiger un repère clair pour une date de réouverture."
En fin de conférence, un pharmacien de montagne aura ces mots en guise de rappel : "les stations de ski ne sont pas des parcs d'attraction, ce sont des villages où vivent des hommes et des femmes." Ce qui n'échappera pas à Laurent Wauquiez qui ajoutera que "la montagne est fondamentale en matière d'emplois pour notre pays. C'est la locomotive de notre région, nous avons une excellence à défendre et on y arrivera."
Les acteurs de la station du Lioran (Cantal) veulent sauver la saison et les vacances de février
Carole Eon
