Soupçonné d'avoir tenté d'enlever des enfants à Bellerive-sur-Allier (Allier), il reste incarcéré
« Un monstre qui me jette par la fenêtre avec ma couverture. » Tel est le récit glaçant livré aux policiers par une fillette d’un quartier pavillonnaire de Bellerive-sur-Allier, âgée de 5 ans, en juillet 2015. L’enfant vient d’être victime d’une tentative d’enlèvement, en pleine nuit, à son domicile, alors que ses parents et sa soeur aînée dormaient.
Onde de chocDes riverains, alertés par ses pleurs, sont parvenus à faire fuir son agresseur. La fillette n’a pas subi d’agression sexuelle. Mais l’événement a provoqué une véritable onde de choc dans la commune.
L’auteur de l’enlèvement de la fillette à Bellerive-sur-Allier toujours recherché
Quatre ans après les faits, en juillet 2019, grâce à des témoignages et une empreinte génétique, les policiers du Service régional de police judiciaire et de l'Office central pour la repression des violences aux personnes parviennent à identifier un suspect. David A., alors âgé de 34 ans, est interpellé à son domicile de Bellerive, où il vit avec sa mère.
Chez lui, les policiers découvrent des DVD à caractère pornographique, une poupée sexuelle ainsi que des nuisettes, des collants et trois perruques de femmes.
Suspecté d'autres faitsLe trentenaire, qui n’avait jamais fait parler de lui auparavant, aurait reconnu l’intrusion au domicile de la fillette en contestant tout mobile d’ordre sexuel. Soupçonné de cinq autres faits similaires entre 2015 et 2019, dont une tentative de viol, il est mis en examen et placé en détention provisoire.
Mardi dernier, il était devant la chambre de l’instruction de Riom pour demander sa remise en liberté avec surveillance électronique. Une hypothèse que ne peut concevoir Me Sophie Delesque, avocate de deux familles de victimes, dont les parents de la fillette de 5 ans. Elle invoque le « calvaire » vécu par ces derniers.
Pendant les trois premières années, les parents de la fillette vont être terrorisés à chaque instant. Ils vont douter de chacun, du voisin, du cousin...
Jusqu’à ce que l’enquête rebondisse, source d’un nouvel effroi... « Ils apprennent que le suspect était quasiment un voisin, qui tournait autour de l’école où était scolarisé leur enfant… »
Prise de conscienceDebout dans le box de la salle d’audience, David A. dit comprendre « le choc provoqué chez la petite fille ». Mais il nie être un violeur ou un criminel. « Je n’ai jamais suivi de femme dans la rue, je n’ai jamais attendu de petite fille à la sortie de l’école. Je n’ai pas dépassé la ligne rouge. »Sa fuite pendant quatre ans ?
« Je ne pouvais pas abandonner ma mère. Je vis pour elle et elle vit pour moi. »
Son avocat, Me Mohamed Khanifar, évoque « une prise de conscience » chez son client. Pas suffisant pour convaincre la chambre de l’instruction, qui, ce jeudi, a rejeté la demande de remise en liberté.
Olivier Choruszko
