En Creuse, un trentenaire condamné à 9 mois de prison ferme pour vols avec violence et utilisation frauduleuse de moyens de paiement
Que s'est-il passé dans la tête de cet habitant de Bonnat à l'été 2020 ?
« Connu et apprécié » dans cette commune où il a grandi, selon l'avocate de la défense Catherine Peluard, le prévenu, âgé de 37 ans et au casier judiciaire vierge, a, semble-t-il, complètement vrillé du jour au lendemain.
Une octogénaire agressée et volée chez elleLe 22 juillet, il a pénétré dans l'habitation d'une dame de 88 ans, l'a attrapée par derrière au niveau du cou, comme pour une clé d'étranglement, tout en lui demandant sa carte bleue et le code qui va avec. Vaillante, l'habitante a d'abord résisté avant de céder devant l'insistance de son agresseur, qui a tenté de l'étouffer par la suite en lui plaçant un chiffon dans la bouche. L'incident a valu à la victime un séjour à l'hôpital pour des douleurs aux épaules et elle a du passer une coronarographie au centre hospitalier de Montluçon. Elle en garde aujourd'hui des séquelles cardiologiques, tant le « stress émotionnel » a été grand. L'auteur des violences, lui, s'en est tiré, dans un premier temps, avec la carte bleue et le téléphone de la victime.
Des paiements réalisés avec la carte et le chéquier d'un nonagénaire...après sa mortEnviron un mois plus tard, le 17 août, un homme de 96 ans est retrouvé décédé à son domicile à la périphérie de Bonnat. Dans un premier temps, rien ne permet de relier ce décès, intervenu a priori de façon naturelle, avec la précédente affaire. Pourtant, les héritiers de cet habitant vont constater, plus tard, qu'un fusil et un... aspirateur ont disparu de la maison. Ils ne s'en apercevront pas tout de suite mais des retraits ou des paiements importants ont également été effectués avec la carte bleue de leur parent...plusieurs jours après sa mort. In fine, c'est un chèque de 2.500 euros versé, fin août, directement du compte de la personne décédée sur le compte du prévenu qui a permis aux enquêteurs de remonter sa piste. Peu précautionneux, ce dernier a aussi utilisé le téléphone subtilisé à la dame de 88 ans avec la carte SIM volée à l'homme de 96 ans : le lien entre les deux affaires est établi. Dans les deux cas, le prévenu connaissait les victimes car il avait eu l'occasion d'effectuer des interventions chez eux pour le compte de la société dans laquelle il est employé depuis plusieurs années.
Lors de ce même été, il a d'ailleurs aussi encaissé pour lui-même des chèques de clients destinés à l'entreprise dont il est salarié. Des faits qui lui ont valu, en fin d'année dernière, une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, avant d'être placé en détention provisoire, le 11 janvier dernier.
Problèmes psychiatriquesSon procès a été renvoyé, ce jour-là, en raison d'une demande d'expertise psychiatrique. Car les motivations du prévenu restent obscures. Son employeur atteste qu'il n'avait, jusque-là, jamais eu de soucis avec lui et le trentenaire n'était pas en proie à des difficultés financières. Citant l'expertise psychiatrique, le procureur Thibault Fouris, a indiqué que le prévenu se caractérisait « par une froideur, une indifférence aux faits » qui pourrait augurer d'un « risque sérieux de renouvellement d'infraction ». Même la défense reconnaît que lorsqu'elle parle à son client, « on dirait qu'il est dans son monde », lui qui semblait pourtant parfaitement « ancré dans la société ».
Compte tenu de ces éléments, le président de la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Guéret Arnaud Baron a prononcé une peine de 18 mois de prison, dont neuf mois ferme, assortie d'un sursis probatoire de 24 mois. Il est donc maintenu en détention et devra verser des dommages et intérêts à l'habitante qu'il a agressée et volée et aux héritiers du nonagénaire.
Daniel Lauret
