Confinement, #Metoo, attentats... le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand reflète l'actualité de 2020
Pour sa 43e édition, du 29 janvier au 6 février, le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand ne faillira pas à sa réputation. Celle d’un rendez-vous cosmopolite qui reflète bien souvent les humeurs du monde.
Même contraints par la crise sanitaire de présenter leurs films en ligne, les réalisateurs des 153 courts métrages en compétition officielle ne sont pas réduits au silence. #Metoo, le Liban, les attentats, les communautés, l’avenir de la planète et bien sûr le confinement : la plupart des thématiques qui ont fait la une des journaux en 2019 et en 2020 ont inspiré les metteurs en scène. Et il n’est pas surprenant de voir le genre documentaire privilégié par plusieurs d’entre eux, afin de rendre le propos encore plus limpide.
Images du confinementA l’heure où couvre-feu et confinement alimentent toujours les conversations, Confinés dehors, de Julien Goudichaud, nous ramène quelques mois en arrière. A la rencontre de ces « âmes en peine » que l’on appelle SDF, perdues dans un Paris nocturne déserté.Confinés dehors, de Julien Goudichaud, déambulation nocturne à la rencontre de SDF dans un Paris vide. La solitude encore, avec l’anxiété qui l’accompagne parfois, est abordée dans The nightwalk d’Adriano Valerio : un homme se retrouve confiné dans un appartement vide alors qu’il vient de déménager à Shanghai…
Drame au LibanDeux projets qui collent à l’actualité récente tout comme le film de Wissam Charaf, Pas de panique. Un court métrage au destin incroyable. Le tournage était prévu le 6 août dernier à Beyrouth… Le 4 août, le port de la capitale libanaise explosait. Le réalisateur a été lui-même blessé au dos. Son appartement a été détruit, les décors du film aussi. Le tournage a dû être reporté au mois d’octobre… Dès lors, on peut imaginer ce que représente pour l’équipe une sélection dans la compétition internationale 2021.
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De Clermont à MaalbeekLe sujet abordé par Ismaël Joffroy Chandoutis dans Maalbeek trouve malheureusement un écho dans l’histoire récente du pays et de ses voisins frontaliers. En choisissant de revenir sur les attentats qui ont endeuillé la Belgique en 2015, le réalisateur s’adresse finalement à toutes les familles touchées de près ou de loin par les actes qui n’ont cessé de frapper le monde depuis cette sinistre année.Maalbeek, du cinéaste Ismaël Joffroy Chandoutis, à voir dans la compétition labo. Un film apprécié par le comité de sélection labo, et pas seulement parce que le jeune cinéaste a fait ses gammes au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.
Au fémininL’édition 2020 du festival avait été frappée par la vague #MeToo, à travers des portraits de femmes ou des récits de luttes universels... Les premiers rôles féminins ne manquent pas dans cette 43e édition, de Princesses, film de Margaux Elouagari en lice dans les compétitions nationale et internationale, à Sestre de Katalina Resek (Slovénie).
Avec humourOn n'est pas des animaux de Noé Debré avec Vincent Macaigne, en compétition nationale et internationale. Et pour les spectateurs qui voudraient choisir les courts métrages en fonction de leur poésie ou de leur humour, citons le film On n’est pas des animaux, de Noé Debré, également sélectionné dans deux compétitions. Il parle d’orgasme féminin et d’Instagram... sujets eux aussi très contemporains.
En ligne. Le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand aura lieu en ligne du 29 janvier au 6 février. Un pass à 12 € permet de voir 212 films, dont 153 en compétition. Plus d’infos sur clermont-filmfest.org.
Thierry Senzier
