Les "Tops et Flops" de la défaite d'Aurillac à Béziers (19-3)
Béziers a-t-il gagné ou Aurillac a-t-il perdu ? Un peu des deux. Sans enlever à l'ASBH le mérite d'avoir fait le match qu'il fallait pour s'imposer, force est de constater qu'Aurillac lui a déroulé un boulevard et se tirant une balle dans le pied quand il avait les moyens de faire douter son adversaire.
Car cette équipe biterroise ne l'a pas dominé de la tête et des épaules, mais a pioché allègrement dans les cadeaux offerts par le Stade.
On n'a pas aiméL'indiscipline cantalienne...
Un chiffre résume à lui seul le bilan catastrophique du Stade Aurillacois dans ce secteur : 17. Soit le nombre de pénalités sifflées contre les Auvergnats au cours de la rencontre. Dont 10 rien que dans le premier acte avec deux cartons jaunes coups sur coups pour Roussel puis Hewat.
« On ne peut pas exister à l'extérieur avant autant de fautes », pointait Pierre Roussel, qualifant, comme son entraîneur Roméo Gontinéac « d'inacceptable » un tel rendu sur la discipline. Avec en prime un défaut coupable de concentration sur les hors-jeu, que le staff avait pourtant ciblé comme un des points à ne pas galvauder sur cette rencontre.
Pour la suite, le Stade ne pourra que s'inspirer de Béziers, qui avait été également catastrophique dans ce domaine à Vannes, une semaine avant de recevoir Aurillac (20 pénalités) et qui bouclait cette 6e journée avec dix pénalités concédées vendredi soir.
... et l'arbitrage de M. Boyer
Comme évoqué plus haut, Aurillac a, avant toute chose, été particulièrement indiscipliné. C'est un fait qui ne souffre d'aucune contestation. Il n'empêche que l'arbitrage de M. Boyer était à tout le moins perfectible.
Le directeur de jeu, pas toujours bien placé, s'est même retrouvé à plusieurs reprises a faire écran sur des situations de jeu qui n'aidaient personne dans ce match.
Surtout, alors que les nouvelles instructions données aux arbitres se veulent plus strictes sur la protection des joueurs, au moins deux actions interrogent.
D'abord : l'extraordinaire clémence envers Hagan, auteur d'un vilain geste sur Tison en seconde période et qui se soldait par une simple pénalité retournée. Ensuite : un déblayage aussi inutile qu'idiot et dangereux de Massot sur Rieu, dans cette même deuxième période.
Ca n'a certainement pas décidé du sort d'un match qu'Aurillac s'est compliqué tout seul, mais le message envoyé n'est pas des plus heureux.
Les ballons rendus
Qu'il s'agisse des fautes de mains (une petite dizaine d'en-avants), des sorties de camps manquées ou des fautes tout court, en passant par des rucks où Aurillac a trop rendu la balle, le Stade a là aussi facilité la tâche à des Héraultais qui n'en demandaient pas tant.
Les Cantaliens ont également pêché sous le jeu au pied de pression biterrois, parfois en se mettant le feu tout seul et alors que le danger était faible, à l'image du premier en-avant de Coertzen en première période.
Les Aurillacois, en dehors de quelques rares prises de balles en l'air tranchantes (Maituku, Salles), ont alterné entre maladresses et erreurs de jugement/placement sous les coups de pieds de Latorre et Tedder.
On a aiméLa touche auvergnate (pendant un temps)
Jusqu'à la 50e minute, le Stade a été clairement dominateur sur un secteur : la touche. Avec des lancers propres de Rude et une coordination bien meilleure que sur son match face à Nevers, Aurillac a d'abord déroulé une belle partie sur la touche.
Roussel a signé une belle moisson (6 ballons) et le contre cantalien a tourné à plein régime avec trois ballons chippés par Singer (2) et Hewat (1).
Un point positif, assurément, mais le Stade est ensuite retombé dans ses travers. Peu après le retour des vestiaires, ce sont trois lancers qui sont tombés dans l'escarcelle biterroise sans que les locaux n'aient trop d'effort à faire pour cela.
Quelques (rares) étincelles dans le jeu
Sous pression et en infériorité en première période, Aurillac n'avait d'autre choix que de jouer à la main. Il l'a parfois bien fait, dans le sillage d'un Thomas Dubourdeau qui a su tirer son épingle du jeu dans ce rôle de deuxième ouvreur qui lui convient bien. Neisen signe une jolie percée mais il a aussi alterné le bon et le moins bon.
En seconde période Reggiardo, qui a bénéficié de rucks plus propres que ce qu'a dû se coltiner Alania, a offert une entrée intéressante. Le numéro 9 a cherché a mettre de la vitesse et, hormis une première passe mal assurée, il a joué plutôt juste avec notament cette pénalité vite jouée (74e) où il est stoppé par une défense pas à distance.
Vincent a également mis un peu de pagaille et fait preuve de vivacité. Mais Aurillac n'a, malgré tout, pas créé de brèches assez franches pour marquer.
Jean-Paul Cohade
