Deux œuvres classées monuments historiques restaurées dans un atelier d'Issoire
«Terminer ma carrière sur une œuvre magistrale, c’est très excitant. » Depuis près de six mois, dans son atelier de la zone industrielle de Lavaur, à Issoire, Christian Karoutzos travaille sur deux œuvres monumentales de Jean-Baptiste Despax, un célèbre peintre toulousain du XVIIIe siècle.
4,50 mètres de haut, pour 3,40 mètres de largeMonumentales est le mot puisque ces toiles, La Visitation et L’Annonciation, classées monuments historiques, mesurent 4,50 mètres de haut, pour 3,40 mètres de large. « Cela fait 50 ans que je fais ce métier et c’est la première fois que je m’attaque à une telle surface », confie le restaurateur.
Mais au fait, comment ces deux œuvres, propriétés de la Ville de Castres et exposées à l’église de la Platée, se sont-elles retrouvées dans l’atelier « Art, culture et patrimoine », à Issoire, afin d’y être entièrement restaurées ?
Ce n’est pas le savoir-faire qui manque car nombre de restaurateurs sont capables de faire cela mais ce sont les structures. La nôtre nous donne la possibilité de travailler sur des œuvres monumentales.
Quand la Drac Occitanie a lancé un appel d’offres pour effectuer ce travail, les professionnels étaient en effet peu nombreux à pouvoir accueillir ces œuvres.À Issoire, tout était prêt : une porte assez grande pour les faire entrer, un système de sécurité et de conservation adaptés, et des chevalets dimensionnés. Il a juste fallu fabriquer une table de travail assez grande afin d’y poser à plat les tableaux, pour lesquelles un important travail de restauration est nécessaire.
Après avoir remplacé le chassis, dont l’initial était fait d’une succession de bouts de bois, le restaurateur a rentoilé le tableau, avec une toile en polyester antifeu et inerte, sur laquelle le temps et les éléments n’ont pas de prise. Vient ensuite un important travail de nettoyage qui, sur le premier tableau, a laissé apparaître une multitude d’éléments jusqu’alors cachés aux visiteurs. « Ce nettoyage permet de retrouver l’authenticité de l’œuvre et notre intervention nous permet de mieux connaître son histoire », note le restaurateur issoirien.
Christian Karoutzos dans son atelier.
L’équipe d’« Art, culture et patrimoine » a par exemple découvert que l’une des deux peintures avait été découpée sur la partie basse, et élargie par ailleurs, pour être adaptée à son emplacement dans l’église castraise.Un édifice que les toiles retrouveront d’ici quelques mois, une fois terminées les dernières étapes : le masticage des lacunes, l’intégration picturale, et la pose du vernis final de protection. « Avec cela, on est reparti au minimum pour cent ans », sourit Christian Karoutzos.
Maxime Escot
