Des éleveurs de l'Allier, du Puy-de-Dôme et du Cantal victimes d'un réseau de trafic d'animaux vers la Belgique
Les enquêteurs de la gendarmerie de Vignec, dans les Hautes-Pyrénées, viennent de donner un coup d’arrêt à un trafic de bovins et ovins entre la France et la Belgique. Mercredi 14 octobre, un septuagénaire soupçonné d'être à la tête d'un vaste réseau d'escroqueries, déjà condamné pour une affaire similaire en 2015, a été interpellé et placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie. L’enquête, diligentée par le parquet de Tarbes, visait ce réseau depuis plusieurs semaines dont la société serait basée dans l’Oise. Le trafiquant présumé aurait ensuite été écroué à la maison d'arrêt de la préfecture du département des Hautes-Pyrénées.
Une quinzaine d'éleveurs escroqués, probablement plusLa cible : des éleveurs bovins et ovins des départements de l’Allier, du Puy-de-Dôme, du Cantal, de la Haute-Garonne, de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées. Un nombre si important de victimes que certains s’étaient même rassemblés au sein d’un collectif.
« C’est un professionnel de l’arnaque »
Suivant un mode opératoire bien rôdé, le trafic d’animaux vers les marchés aux bestiaux de Belgique, en particulier celui de Charleroi, près de Maubeuge dans le département du Nord, commençait par une arnaque au moment du paiement.Les auteurs présumés de cette combine repéraient leur victime sur les sites d’annonces en ligne. Après un premier contact téléphonique, et se faisant passer pour des acheteurs professionnels sous couvert de la société Paris Bétail, les escrocs présumés venaient ensuite sur l’exploitation agricole entamer les négociations.
Complices présumés dans le Puy-de-DômePrétextant avoir une commande à satisfaire, ces dernières étaient souvent favorables à l’éleveur qui, appâté par un prix d’achat sensiblement plus haut que les cours du marché, tombait dans le panneau. C’est au moment du chargement en fin de semaine dans le camion des vaches, broutards ou brebis, que le piège se refermait. L’éleveur se voyant remettre un chèque… en bois. Flouées, les victimes tentaient en vain de joindre les acheteurs. Et lorsqu’enfin, certains y parvenaient, leurs interlocuteurs se faisaient menaçants.
« Ce ne sont pas des enfants de chœur ces gens là. Ils m’ont dit qu’ils allaient venir me régler mon compte »
S’appuyant sur un réseau de complices présumés en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie, le transport du bétail, à la faveur de la nuit, aurait transité par le Puy-de-Dôme, la Haute-Garonne et le Lot. Mais pas seulement. À l’insu des organisateurs des marchés au cadran, « certains animaux sont passés par Ussel en Corrèze et Mauriac dans le Cantal. » Avant de poursuivre leur ultime voyage vers la frontière belge.Selon le collectif d‘éleveurs, le préjudice pourrait atteindre plus de 180.000 €.
« Sachant que huit éleveurs n’ont pas voulu adhérer au collectif par peur de représailles », poursuit François Vichard. Il est fort probable également que certains exploitants agricoles n’aient pas alerté leurs confrères du tout. Encore moins déposé plainte. « Je suis inquiets pour certains éleveurs qui ont perdu beaucoup d'argent, j'ai peur qu'ils fassent des bêtises. » L’enquête n’en est donc probablement qu’à ses débuts.
Les éleveurs victimes de cette escroquerie peuvent contacter le collectif au 06 88 83 45 58.
David Allignon
