Les musées ouverts à nouveau mais le public reste frileux à Moulins (Allier)
« C’est calme, mais on sent que les gens ont besoin de culture », déclare-t-on à l’accueil du CNCS (qui a rouvert le 21 mai), ce dimanche matin où l’atelier fête des mères fait le bonheur de cinq participantes. Sophie, Moulinoise de 54 ans, venue avec ses filles Maud et Camille (19 et 25 ans) est « heureuse de profiter à nouveau des collections... et du restaurant ». Le Centre national du costume de scène avait reçu une soixantaine de personnes samedi.
Une fréquentation au compte-gouttesEn milieu d’après-midi au Musée Anne-de-Beaujeu (réouvert depuis mardi 2 juin), on comptait une quinzaine de personnes (et cinq, nombre maximum, à la Maison Mantin qui a dû refuser 20 personnes samedi). Loin d’un dimanche de juin 2019 (120 personnes). Les marquages au sol « bouchons, ralentir », paraissent bien inutiles ce jour-là. « Mais on s’attendait à moins », confie-t-on à l’accueil. Fabienne, de Brie-sur-Marne, est étonnée du port de masque obligatoire, en zone verte. « Mais c’est une bonne chose », ajoute-t-elle. Pour Gérard et Annie, de La Chapelaude, « un peu de culture, cela ne peut pas faire de mal. Et on n’est pas bousculés, on peut se parler ».
Au Musée de l’illustration jeunesse, « c’est un démarrage nécessairement lent. Une personne samedi matin, quinze l’après-midi. Une vingtaine ce dimanche à 16 heures. C’est très calme », observe François Larriere-Seys, gestionnaire des plannings et chargé d’accueil.
La pédagogie victime du Covid-19 au Musée de l'illustration jeunesseUn circuit très dirigé a été mis en place. Plus de parcours pédagogique pour les enfants, plus d’écrans tactiles, pas d’écoles (un tiers de la fréquentation à cette période), pas d’ateliers. Envolés aussi les 25% de clientèle néerlandaise en juin.Mais le MIJ - comme les autres musées - peut compter sur la compréhension du public. « On est dans une situation exceptionnelle ». Magali, arrivée de la région de Tronçais avec ses fils Maël et Solen, avait « hâte de reprendre goût à la culture après un bon repas. Et puis, on s’est dit qu’il n’y aurait personne ».
Pascal Larcher
