Ruée dans les magasins : comment les Corréziens ont aménagé leur jardin ?
Fil d’attente à l’entrée, étagères dévalisées, rupture de stock… Dans les magasins de bricolage et jardinage, l’heure est à la course au mobilier outdoor. Les Corréziens ont profité du confinement pour aménager leurs terrasses, balcons ou espaces verts avec un même leitmotiv : « Si on ne part pas en vacances, au moins, on se sentira bien dans le jardin ! » Alors fini les chaises en plastique de papy et mamy, place à une décoration soignée, épurée.
Ruée dans les rayonsCette ruée dans les rayons au premier jour du déconfinement, Sophie, à La Feuillade en Dordogne, avoue y avoir un peu contribué « par peur qu’il n’y ait plus rien en rayon. » Et déjà, « il ne restait plus grand-chose. » Sophie a tout de même pu récupérer du bois, pour réaliser son hamac, pensé et dessiné pendant le confinement.
Le hamac de Sophie, à La Feuillade en DordogneAvant de construire un lit à baldaquin, la passionnée de déco attendra un peu, « histoire que les magasins se réapprovisionnent ».
30% de ventes supplémentairesMais quand ? « Le problème est qu’on pourrait vendre, mais on n’a pas les produits », ronchonne un vendeur de Gifi. L’enseigne la Foir’Fouille, dont les piscines ont toutes été vendues, promet « de satisfaire les clients très prochainement. Sur la saison, nous avons fait 30 % de ventes supplémentaires par rapport à l’année dernière », observe le responsable Jérôme Gruwier.
Chez Caroline.
Laura a profité du confinement pour la déco de sa terrasse.
Tables, chaises, transats... Le constat est identique chez Bojardins, à Malemort, qui note aussi une légère augmentation après le déconfinement : « 15 % de plus que la normale, estime Philippe Pestre. Il y a d’ailleurs des produits qui ne sont pas encore arrivés, mais déjà vendus sur notre site internet. »
Côté piscine...
D’autres Corréziens ont préféré éviter la cohue des rayons. Dans son jardin à Saint-Cernin-de-Larche, Lionel a transformé son ancienne piscine gonflage en spa 6 places - « commandé sur le site internet de la même enseigne et livré chez moi. En magasin, on ne trouve quasiment que des quatre places. »
Le surcroît de demandes est constaté un peu partout auprès des piscinistes du département.
Du fait, d’abord, d’un temps exceptionnel digne de l’été - « la météo est notre meilleure publicité » - et surtout, de l’incapacité de certaines familles à partir en vacances. « Le coronavirus les a incités à améliorer leur maison. Beaucoup se préparent à passer leurs vacances chez eux », estime Julien Pereira, gérant du Carré bleu, à Brive. Dès l’ouverture post-confinement, les étagères de sa boutique ont été dévalisées. « Au mois de mai, on a vendu autant qu’en avril et mai 2019 ».
Aidé par le voisinageÀ Brive, Eric a, pendant son temps libre, rénové un salon de jardin « qui datait un peu. Grâce à des matériaux livrés par une entreprise locale avant le confinement, il a pu refaire un sol en bois, en utilisant les outils des voisins.
Seulement parfois, un petit grain de sable perturbe les travaux : les forets n’étaient pas adéquates pour percer les lattes de bois. « J’ai commandé mes pièces chez Leroy Merlin en drive, il y avait pas mal d’attente… J’imagine que la demande était disportionnée ».
Des drives dont a aussi profité Ludovic à Saint-Pantaléon-de-Larche. Des engrais pour le nouveau potager à Gamm’Vert et des planches en bois à Brico Dépôt pour la terrasse, car au final « le drive était plus rapide que la commande internet. »
Ludovic, à Saint-Pantaléon-de-Larche.
Moins bricoleurs, d’autres se sont offerts les services de professionnels. À ce jeu, l’entreprise Bojardins est sur tous les fronts. Si l’équipe a continué la plupart de ses chantiers d’aménagement de terrasses et jardins pendant le confinement, désormais, les appels pleuvent.
Chez Bojardins à Malemort, on note une augmentation de 15% de ventes de mobiliers extérieurs
« Les gens veulent tout et tout de suite. Nous avons des personnes qui nous appellent en ce moment pour que leur jardin soit prêt début juillet, confie le cogérant Jérôme Pestre… Nous sommes donc obligés de faire des choix, et repousser des rendez-vous. »
Tiphaine Sirieix
