La médiathèque du bassin d'Aurillac permet les emprunts à distance (Cantal)
Les portes de la médiathèque ne sont ouvertes que pour récupérer des documents, impossible de pénétrer le bâtiment pour le moment. Julien Segura, directeur adjoint de l’établissement, l’explique simplement : « Nous avons des distributeurs de gel hydroalcoolique un peu partout, nous portons des masques, mais il faut encore créer un sens de circulation, trouver la solution pour faire rentrer un nombre limité de personnes et il va falloir installer des vitres de plastique transparent pour les banques et les bureaux. »Alors, pour le moment pas question qu’un usager ne pénètre cet antre de la culture. Mais, il est tout de même possible d’emprunter des documents.
Trois formules pour emprunter facilementIl existe trois formules. D’abord, via internet, il s’agit de se rendre sur son espace numérique. Le numéro de la carte d’adhérent permet de s’identifier. Puis, ce dernier peut rechercher des documents sur la base de données de la médiathèque. « Pendant le confinement, les gens cherchaient des classiques, ils avaient le temps pour les lire », sourient les médiathécaires.Pour les personnes un peu moins férues du net, il y a la possibilité de prendre connaissance du fonds de la médiathèque et de dresser une liste par téléphone ou par e-mail aux médiathécaires.Enfin, pour les personnes qui ne maîtrisent pas du tout l’outil numérique, il est également possible d’appeler les professionnels et de commander les livres par téléphone. « On a eu quelques surprises, des personnes qui nous laissaient le choix, alors c’est sympa mais il faut nous aiguiller un peu quand même », indique Claudine Christin, la directrice des lieux.La logistique est désormais très différente et demande une organisation millimétrée pour les médiathécaires. Photo Marjolaine Guillouard
Un protocole de désinfection très strictSi les usagers peuvent toujours emprunter des livres à distance, cela demande une logistique nouvelle aux médiathécaires. D’abord, les commandes sont reçues sous forme de listes, « une personne s’occupe d’une liste, quelle que soit sa spécialité, c’est pour éviter les manipulations », expliquent les directeurs de l’établissement.Ensuite, une fois la liste complète, un appel ou un e-mail est envoyée à l’usager, afin de convenir d’un rendez-vous avec lui, il aura un créneau d’une demi-heure pour récupérer ses documents.
On vous emmène dans les coulisses de la ludothèque du bassin d'Aurillac
Ces derniers peuvent ensuite être rendus grâce à la boîte de retour, sur le parvis de l’établissement. « Nous y passons même les jours fériés car elle se remplit très vite », constate Claudine Christin.Une fois les documents récupérés dans la boîte, ils sont laissés de côté pendant trois jours pleins. « Mettons que vous rendiez votre livre le lundi, nous allons le récupérer le vendredi pour nettoyer sa couverture avec un virucide, puis une fois sec, on le remet en rayon », détaille Julien Segura. Pour les CD, DVD et jeux, il n’est pas question de les détériorer en y passant un quelconque produit, ils attendent donc une dizaine de jours.
Les documents sont à venir chercher dans un créneau d'une demie-heure. Photo Marjolaine Guillouard
Dans les rayons de la médiathèque, des piles et des caisses s’entassent : il y est indiqué la date à laquelle les documents ont été rentrés et à laquelle, ils vont pouvoir être traités. « C’est un boulot complètement différent, on a dû se réinventer assez rapidement », déclarent Julien Segura et Claudine Christin. « C’est la médiation et le conseil qui nous manquent le plus, même si par moments au téléphone les gens nous demandent mais c’est différent. » Alors pour reprendre une activité plus normale, peut-être d’ici la mi-juin, il faudra mettre en place tout un nouveau protocole sanitaire.
Estelle Lévêque
