Durement touchée par un incendie criminel, l’entreprise Tapir à Cournon (Puy-de-Dôme) a su renaître de ses cendres
Désormais, sur les flancs des énormes (et nouveaux) camions de l’entreprise Tapir (« Terrassements par aspiration pour interventions sur réseaux »), basée rue des Acilloux, dans la zone industrielle de Cournon-d'Auvergne, le dessin du mammifère à la courte trompe (le tapir) a de la compagnie. Un phénix, cet oiseau mythologique qui renaît de ses cendres, y pointe son regard acéré…
Le 14 juillet 2019, dix poids lourds de l'entreprise partent en fumée...Pour comprendre ce message, il faut revenir six mois en arrière. Le 14 juillet 2019, vers 23 heures, plus exactement. Ce soir-là, dix poids lourds (six camions-bennes et quatre camions-aspirateurs, neufs pour la plupart), ainsi qu’un utilitaire de 3,5 tonnes, stationnés dans l’enceinte de l’entreprise, sont dévorés par les flammes.
Ce gigantesque incendie d’origine criminelle (*) ne laissera que des carcasses calcinées et le sentiment, chez les dirigeants et les salariés, que Tapir vient de tout perdre. Ou presque.
« A ce moment-là, se souviennent aujourd’hui Jérôme Hennequin, gérant du groupe Tapir, et Aurélie Georges-Coudoin, responsable du secteur Auvergne-Centre et centrales nucléaires pour la partie « aspiration », c’est un choc terrible. Notre outil de travail vient de partir en fumée. On sait que le préjudice matériel est énorme (entre 2 et 5 millions d’euros, Ndlr) et que tout ce que nous avons construit depuis dix ans s’effondre. C’est comme un rêve qui s’arrête… ». Mais une fois passée l’émotion des premières heures, tout le monde, au sein du groupe Tapir, décide de repartir au combat.
« Dès le 15 juillet 2019, à midi, on passe en “mode warrior”. On a la rage, mais une rage positive. Celle de tout reconstruire, le plus vite possible. Et on reçoit en même temps des centaines de messages de soutien, qui ont été convertis en énergie ! »
Malgré l’ampleur des dégâts, aucun salarié ne sera mis au chômage technique et, au fil des semaines, Tapir parvient à reconstituer son parc de véhicules spécialisés. Des concessionnaires poids lourds se sont démenés pour les aider. Les assureurs et des banquiers fidèles ont joué le jeu et sont venus les épauler. L’activité pouvait à nouveau battre son plein.
Le fait d’avoir toujours été une entreprise familiale et à dimension humaine a aussi beaucoup compté, poursuit Aurélie Georges-Coudoin. On a tous pu s’appuyer les uns sur les autres dans ces moments difficiles.
Une réception conviviale pour remercier tous ceux qui ont apporté leur soutien à TapirSix mois plus tard, un autre avenir se dessine donc pour Tapir. « Après ce qui nous est arrivé, on a choisi de se développer encore plus, sourit Jérôme Hennequin. Notre groupe va ainsi acquérir vingt camions-aspirateurs neufs cette année. Et vingt autres en 2021. Nous disposerons alors de quatre-vingts aspiratrices au niveau national. C’est comme une nouvelle aventure qui commence ! ».
Il y a quelques jours, Tapir a convié, dans ses locaux de la rue Acilloux, pour une réception conviviale, tous ceux qui ont œuvré, à différents titres, depuis six mois, à cette renaissance plus que symbolique. « Ce soir, a insisté Jérôme Hennequin, nous tirons tous ensemble un trait définitif sur ce triste épisode ! ».
Christian Lefèvre
(*) Dans les jours suivant l’incendie, le parquet de Clermont avait ouvert une information judiciaire et confié ce dossier à un juge d’instruction. L’enquête, menée par les policiers de la sûreté départementale, est toujours en cours.
Du Puy-de-Dôme à l’Hérault. Leader national dans son domaine (la location d’aspiratrices-excavatrices avec opérateurs), le groupe Tapir compte actuellement cinquante-quatre salariés, dont vingt sur le site « historique » de Cournon, là où a débuté l’aventure en 2008. Les autres se trouvent sur les sites de Bordeaux, Chassieu (Rhône) et Cournonsec (Hérault).
