La date du vote du budget est au coeur d'un gros débat pour les élus du Pays de Saint-Eloy
Déjà abordée en bureau par les élus du Pays de Saint-Eloy, la question de la date du vote du budget de la communauté de communes avait été un point de discorde important. Mardi soir, en conseil communautaire, ce même débat n’a pas été moins crispé.
Les données du problème sont on ne peut plus simples : le budget prévisionnel de la collectivité doit-il être élaboré et voté par l’équipe sortante ou par les nouveaux élus qui siégeront après les élections municipales ?
Le vote du budget communautaire avait déjà été un morceau de bravoure (avril 2019)
Après avoir tordu le calendrier dans tous les sens, Henri Dubreuil, le président, a acquis une conviction : le débat d’orientation budgétaire et le vote du budget sont un « pack indivisible ». L’un ne va pas sans l’autre. Et il serait presque intenable pour la nouvelle équipe de préparer et de voter son budget avant la date limite du 30 avril.
"Un faux problème" pour l'oppositionPour l’opposition, en revanche, cette pression imposée par l’agenda est un faux problème. « La première année, on sait très bien qu’il n’y aura pas énormément de choses et qu’on peut reconduire le budget sans problème. Mais on souhaite que ce soit un choix politique et que ce soit la nouvelle équipe qui le mette en place », insiste Alain Robert, élu de Saint-Éloy-les-Mines.Le sujet est pesé, soupesé, essoré et disséqué longuement. « Est-ce qu’il y a un projet bloquant pour 2020 ? Non. Ce qui pourrait être problématique, c’est le vote des taux d’imposition. Mais ils ne bougent pas ! », s’impatiente Bernard Duverger, le maire de Teilhet.
Finalement, la question est mise au vote. Les urnes parlent : le budget sera voté avant les élections municipales. Ce sera donc le 18 février.
La pression retombeCurieusement, après cette montée en pression, le débat d’orientation budgétaire (DOB), obligation réglementaire, s’est déroulé, lui, dans un calme presque olympien.
Il faut dire qu’il ne réservait pas de surprise particulière, le principe étant la reconduction en intégrant seulement les opérations déjà lancées et celles pour lesquelles des dossiers de subventions ont été déposés. « Nous voulons permettre aux nouvelles équipes qui vont être installées de continuer à fonctionner tout en ayant la possibilité d’opérer de nouveaux choix via des délibérations modificatives ou des budgets supplémentaires », explique Karine Bournat-Gonzalez, vice-présidente.
Un silence de plomb acte ces considérations. Seul Jérôme Gaumet, le maire de Pionsat, ne cache pas une certaine amertume. « J’ai du mal à voir le lien entre notre projet de territoire et ce qui va être fait avec ce budget. Si on a décidé quelque chose, il faut le mettre en place […] Ne perdons pas de temps pour mettre nos actions en place », exhorte-t-il.
Une nouvelle fois, la communauté de communes a soumis ses comptes à l’expertise d’un cabinet spécialisé dans la prospective financière. Le rapport de celui-ci, qui a été communiqué mardi, fait apparaître les forces et les faiblesses du Pays de Saint-Eloy. Au registes des premières, notamment : le faible endettement, le fonds de roulement élevé, le fort taux de subventionnement externe des investissements et le poids relatif réduit des dépenses de personnel. Pour les secondes : un potentiel fiscal par habitant très faible, des bases fiscales fragiles et des volumes d’épargne insuffisants.
Jean-Baptiste Ledys
