Comment deux entreprises de Corrèze ont inventé un emballage écolo pour les pommes
Les barquettes en carton recyclé et 100 % recyclable contenant quatre à six goldens roses du Limousin arrivent progressivement dans les rayons. Et derrière cet emballage plus respectueux de l’environnement, il y a l’union de deux entreprises corréziennes. Retour sur cette histoire d'amour entre la pomme et le carton.
La rencontreEntre la coopérative Perlim, basée à Saint-Aulaire et l’entreprise briviste spécialiste du carton, Allard, l’histoire n’a pas commencé hier. « Les plateaux à un rang nous sont fournis depuis près de trente ans par Allard », note Béatrice Chauffaille, responsable marketing, chez Perlim.
Et cette histoire va devenir de plus en plus sérieuse.
« Un film plastique recouvrait nos barquettes. En janvier 2019, nous voulions trouver une solution pour éviter cela. Une réflexion qui s’est accélérée avec le retour de clients qui ne nous trouvaient pas cohérents : être certifié HVE (Haute qualité environnementale) et utiliser du plastique…»
La demandePerlim a regardé vers l’Italie dans un premier temps, mais s’est assez logiquement tourné vers son partenaire historique. « Vingt kilomètres seulement nous séparent. » L’objectif : concevoir une barquette en carton « solide, simple, inviolable et locale ».
Et Allard a dit « oui » pour relever ce sacré défi. « Nous n’avions jamais fait ça », note Philippe Boulanger, directeur des ventes sur le marché fruits et légumes.
Les préparatifsDe chaque côté, on sort la colle et les ciseaux. « Notre bureau était recouvert de cartons, de pliages, de collages, d’essais… », se rappelle Béatrice Chauffaille amusée. Le bureau de conception est aussi mobilisé du côté d’Allard.
L'entreprise Allard Emballage
« Nous avons fait plusieurs prototypes, échangé… Nous les avons fait évoluer », raconte Philippe Boulanger, qui travaille dans une entreprise attentive à son empreinte carbone.
« Tous les produits que nous utilisons sont certifiés FSC (Forest Stewardship Council), c’est-à-dire qu’ils sont issus de forêts plantées pour faire du papier et gérées de manière responsable », assure-t-il. Chaufferie biomasse, centrale d’épuration et futures installations solaires viennent compléter le trousseau.
Peu à peu, la barquette en carton recyclée et 100 % recyclable prend forme.
«L’objectif à terme, c’est qu’elle soit aussi compostable. Il faut qu’on voie ce qu’on peut faire au niveau des encres. »
D’ailleurs, le message qui y est inscrit est réduit au strict nécessaire. « Il faut rester cohérents. Cet emballage se veut simple et doit parler de lui-même », pose Béatrice Chauffaille.
La nocePerlim investit dans une machine et y emballe son produit phare : la « golden delicious rosée » à un rythme déjà soutenu de 2.500 barquettes par jour. La coopérative commence à présenter ce nouveau concept dans les salons notamment à Madrid en octobre 2019.
« Les retours ont été très positifs, note Béatrice Chauffaille. Nous comptons étendre cet emballage à de petits calibres non rose et développer l’idée pour un panier d’1,5 kg. Une quantité qui, aujourd’hui, est emballée dans une poche en plastique. Biodégradable certes, mais ça reste du plastique. »
La biodiversité à l’abri dans les vergers de Corrèze
Pour Allard, « c’est un énorme marché qui s’ouvre. Deux très gros producteurs de pommes nous ont déjà contactés », indique Philippe Boulanger. 300.000 barquettes ont déjà été fabriquées. Et la réflexion s’ouvre aussi sur la pomme de terre, la carotte mais aussi la noix… On peut donc souhaiter les noces de chêne pour la pomme et le carton.
Emilie Auffret et Stéphanie Para
