Avec son antenne de Thiers, France Bénévolat veut promouvoir "l'envie citoyenne" de plusieurs manières
Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du bénévolat. Une date marquée d’une croix rouge dans tous les agendas de France Bénévolat. Cette association a fait son arrivée à Thiers en septembre 2018, en même temps qu’à Ambert et à Riom. « C’était une volonté de ma part de développer le bénévolat dans le milieu rural », retrace Serge Bouénou, le président au niveau départemental. Plus d’un an plus tard, l’antenne thiernoise a fait du chemin. Pour bien comprendre ses propositions en local, rappel de ses missions globales.
Cette association nationale est née en 2003 du regroupement de Planète Solidarité et du Centre national du volontariat. Son siège est à Paris, où se trouvent les quatre uniques salariés. Cette association est présente dans 80 départements français à travers des centres comme Clermont-Ferrand, et 200 antennes comme Thiers. Il existe aujourd’hui 11 centres en région Auvergne-Rhône-Alpes et une trentaine d’antennes.Le centre de Clermont-Ferrand a redémarré son activité en 2017 après une coupure. Les antennes de Thiers, Ambert et Riom ont été créées en septembre 2018.
Première mission : promouvoir le bénévolatLe tout premier objectif de cette association est de « promouvoir le bénévolat, pour une société active, commence Serge Bouénou. Créer une envie citoyenne auprès de tous les publics : jeunes, actifs ou retraités ». France Bénévolat promeut essentiellement l’engagement auprès d’associations qui œuvrent dans le social, le sociétal et l’humanitaire. « Mais on veut l’élargir au culturel, au sportif et à l’environnemental pour étoffer notre offre. »
C’est notamment à travers des interventions que l’association porte le bénévolat, ciblées selon les tranches d’âges. À Clermont-Ferrand, les bénévoles ont fait des opérations dans des collèges et des lycées. « Pour expliquer ce que c’est, face à des jeunes qui peuvent avoir l’idée que le bénévolat “c’est ringard, c’est pour les vieux”. » Pour ce faire, France Bénévolat a reçu l’autorisation du ministère de l’Éducation nationale. Les lycées de Thiers n’ont pas encore été visités.Pour toucher les jeunes retraités, les bénévoles ont créé des missions de promotion en partenariat avec la caisse de retraite la Carsat et l’association l’Arsept qui promeut le bien-vieillir. Parce que le bénévolat peut aussi permettre aux retraités de rester dynamiques, en phase avec leur époque et de ne pas s’isoler.France Bénévolat peut enfin intervenir dans des entreprises ou des institutions, pour les actifs.
Seconde mission : mettre en lien associationset candidats au bénévolatL’autre principale vocation de France Bénévolat est d’aller démarcher des associations, leur demander quelles missions de bénévolat elles recherchent et de les référencer sur son site internet. C’est sur ce même site que les candidats au bénévolat peuvent s’inscrire, en indiquant leurs envies et leurs disponibilités et peuvent consulter les offres des associations. À la suite, les bénévoles de France Bénévolat reçoivent les candidats en entretien, les orientent au mieux et les mettent en relation avec une association.
« Nous sommes pourvoyeurs de bénévoles, cela fait gagner du temps aux associations qui ont plein d’autres choses à faire (*). On n’est pas le Pôle Emploi du bénévolat, mais un peu... »
France Bénévolat peut aussi accompagner les associations dans leur relation avec les bénévoles, et peut remettre à ces derniers un passeport qui retrace l’évolution de leur parcours. Celui-ci permet de les valoriser d’une part, et peut aussi leur servir dans le cadre d’un recrutement professionnel.
Si l’une des grandes missions de France Bénévolat est d’être pourvoyeuse de bénévoles pour les autres associations, cela ne l’empêche pas d’en rechercher aussi pour ses propres rangs. À Thiers, Brigitte Butin est la seule, elle aimerait bien être épaulée. À Ambert, il n’y a plus de bénévole. Mais pourquoi s’engager pour France Bénévolat ? « Moi ce qui me plaît, c’est le travail en équipe, le fait de recevoir les gens, de parler avec eux, témoigne Brigitte Butin. C’est aussi très riche de visiter les associations. » « C’est exceptionnel de les rencontrer, renchérit Serge Bouénou. Il y a des hommes et des femmes engagés comme des fous. On rencontre des âmes. De belles personnes. La seule grande différence de notre association, c’est que nous ne sommes pas en contact avec les bénéficiaires, comme lors d’une maraude par exemple. Pour moi, c’est frustrant. Mais nous rendons quand même service aux personnes qui veulent faire du bénévolat et à la société. C’est une manière de se rendre utile, après avoir fini sa carrière professionnelle comme moi, donner un peu de son temps aux autres. »
A Thiers, l’activité démarreLors de la création de l’antenne de Thiers, Brigitte Butin s’est portée volontaire et c’est la seule bénévole aujourd’hui. Neuf candidats ont été reçus en 2018 et seize en 2019. « Nous avons une majorité de retraités et de femmes à Thiers », précise-t-elle.
De l’autre côté, huit associations collaborent sur l’arrondissement de Thiers : l’Atrium, Inserfac, le Don du sang, l’Adie, Habitat et Humanisme, le Secours catholique, le Secours populaire et VMEH. « Nous sommes encore en prospection », ajoute Brigitte Butin. En tout, une vingtaine de missions sont proposées à Thiers, en ligne.
Pour illustrer cette première année d’exercice, elle cite « une jeune retraitée, ancienne chef d’entreprise ». Après son entretien, elle a été orientée vers Inserfac pour aider au développement d’une entreprise à but d’emploi. « Il y a aussi une ex-aide-soignante intéressée par la visite aux malades, une femme de 24 ans qui veut faire de la remise à niveau, un jeune de 16 ans qui a été orienté vers la collecte alimentaire… »(*) Les associations doivent pour cela payer une cotisation (45 € par an). Mais les antennes de structures dont le siège a déjà cotisé en sont exemptées.
Contact. Brigitte Butin, 06.33.03.91.10, fb.thiers@francebenevolat.org
Tendances
Baisse du nombre de retraités au national. « L’âge de la retraite est différé, ils s’occupent de plus en plus de leurs petits-enfants ou reprennent une activité » pour arrondir les fins de mois, explique Serge Bouénou.Plus de femmes. Au niveau du Puy-de-Dôme, 76 % des bénévoles inscrits sur France Bénévolat sont des femmes. Diversité. À Clermont « on a tous types de bénévoles, du PDG d’entreprise au mineur non-accompagné. » Les jeunes sont très représentés. Les mineurs sont notamment orientés vers la Croix-Rouge qui a un cursus d’intégration et vers le Secours populaire.
Alice Chevrier
