La chambre de commerce et d'industrie du Cantal fait le vœu du commerce de proximité en 2020
Un constat
Il est sévère : les commerces de proximité, sur l'ensemble du Cantal, ont souffert en 2019. Des pertes de chiffres d'affaire ont été notées, « jusqu'à 30 % pour certains », souffle Bernard Villaret, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI). Il évoque rapidement Internet comme concurrent aux petites boutiques, et bifurque ensuite vers un problème cantalo-cantalien :
La baisse démographique, différente selon les secteurs. Il faut soutenir les commerçants, pour que les territoires restent attractifs.
Aide à la communicationFace à cela, la chambre consulaire pioche dans sa boîte à outils à destination des professionnels, et en met de nouveaux en place. La CCI participe notamment à l’initiative nationale #jaimemoncommerce. Objectif : offrir un moyen de communication, via des affiches, et « rechercher des moyens de resensibiliser les consommateurs, pour qu’ils regardent à nouveau leur commerce de proximité. »
Un hashtag, qui sous-entend donc une sensibilisation aux réseaux sociaux, une autre vitrine pour les commerçants. « Il s’agit de leur dire : “Il faut que vous trouviez les moyens d’être visible”, continue le président, en montrant son téléphone portable. Il faut qu’ils soient proactifs. » En retard, les commerçants cantaliens ? « Je ne sais pas s’ils sont en retard, mais il faut qu’ils accélèrent… »
Du servicePour la CCI, les commerces de proximité ont une carte à jouer : celle du service, à l'heure où, dans les petits villages, les services publics désertent. « Il ne peut pas y en avoir partout, alors qu'il peut y avoir des commerces en bout de territoire, assène le président. Ils ont l'avantage des horaires d'ouvertures, plus larges, et peuvent y gagner une rémunération. » Derrière, « l'arrière pensée est toujours celle de l'attractivité... »
Un nouveau labelUn client mystère, un passage en magasin ou au téléphone, 80 cases à cocher. Le label « Préférence commerce » sera décerné aux bons élèves, sur la base du volontariat. Pour les autres, « ils font un autodiagnostic, et on compare avec nos résultats, pour voir les endroits où il pourrait y avoir des améliorations, détaille Stéphane Gazal, conseiller. Tout est clair, net, précis, rien ne leur est caché. »
Ceux qui ne l'ont pas ne récupéreront pas un bonnet d'âne, tout reste entre la CCI et le commerçant. Objectif : leur donner un œil extérieur, « les aider à sortir la tête du guidon », explique Bernard Villaret.
Une boutique connectée itinéranteSi la vitrine qu'offre Internet est importante, la vitrine physique peut aussi permettre d'innover. La chambre consulaire a investi – environ 40.000 € – dans des outils modernes : hologramme en vitrine, accueil dématérialisé, miroir retardé... Cette boutique, dont l’arrivée est espérée à l’été 2020, tournera dans tout le Cantal, en lien avec les collectivités, et permettra de voir aux commerçants « quelles innovations peuvent les intéresser. » À eux de louer ou d’investir ensuite.
De simples outilsBernard Villaret le précise plusieurs fois : ces outils sont disponibles à la demande, pas question de dire aux commerçants ce qu'ils ont à faire... Une action qui doit se faire via les commerçants, leurs associations s'ils en ont, les collectivités locales pour la boutique connectée.
Pierre Chambaud
