Des éleveurs de la Creuse ont protesté contre les menus végétariens servis dans les cantines d'Aubusson
Florian Tournade est président depuis le 11 octobre 2019 de la Coordination rurale 23. Ce nouveau syndicat agricole se donne pour objectif de défendre le monde paysan dans son ensemble : tous les agriculteurs et éleveurs, qu’ils soient bios, intensifs, extensifs…
« La Creuse est un gros département d’éleveurs, insiste-t-il. Nous offrons aujourd’hui une dégustation gratuite de viande locale, pour protester contre le menu végétarien rendu obligatoire une fois par semaine dans les cantines municipales. Ça nous gêne vraiment ce caractère obligatoire de la loi, un repas végétarien par semaine, c’est 25 % de repas sans viande imposé aux enfants des écoles primaires. C’est un manque à gagner pour les éleveurs français, mais c’est aussi apprendre aux enfants à manger moins de viande, soi-disant pour leur santé, alors que des études montrent qu’une viande de qualité contribue à une bonne croissance. Pour le lycée, ils ont encore le choix au self, mais le choix de quels produits ? »
Au lieu de mettre en place ce repas végétarien, l’État ferait mieux d’obliger les communes à consommer une viande produite localement, ainsi que des légumes de saison. On en est loin, il y a un vrai travail de fond à mener. »
Et le syndicaliste de poursuivre: « Au niveau français on est tout le temps contraints de se remettre en question et de se justifier. On nous en demande toujours plus : plus propre, plus sain, alors que nous avons la viande la plus saine au monde, aussi bien au niveau des garanties sanitaires que pour améliorer le bien-être des animaux. Nous voulions montrer par cette dégustation offerte qu’on travaille bien, localement, et que si vous voulez manger de la viande, surtout de qualité, vous êtes libres de le faire ! »
La CR 23 prend la défense de tous les agriculteurs - Invité à venir faire découvrir une viande limousine, le boucher Max Morin soutient la jeune organisation
Paul Marchon, secrétaire général de l’organisation, explique qu’être présent aujourd’hui était important. « Pour marquer le coup en cette première journée du menu végétarien rendu obligatoire aux collectivités, et contre le fait qu’une minorité impose son idéologie à l’État et qu’il la met en action. Il aurait suffi de proposer ce menu sans le rendre obligatoire. Malgré d’anciennes discussions entre élus et établissements publics, au niveau du manger local, on ne voit rien venir. la Coordination rurale 23 existe depuis un mois pour défendre une agriculture locale et française, contre l’agri-bashing et pour écouter les agriculteurs creusois, toutes formes d’exploitations confondues : c’est notre originalité, tous méritent d’être défendus, tous ont leur place.
Les éleveurs défendent leur bifteck
Max Morin, boucher établi grande rue à Aubusson, afourni la viande servie en dégustation. Une viande limousine, de race locale, très tendre et très goûtue.
« Je soutiens le mouvement pour prouver que l’agriculture et l’élevage sont encore bien vivants ! Certes il y a des abus dans certains endroits, mais ici, dans nos campagnes, les bêtes sont très bien traitées ».
Le maire, Michel Moine, estime que c’est une très bonne initiative, et qu’ils ont raison de défendre leur bifteck : « Il existe ici une production de qualité, il importe que la consommation soit de proximité afin de préserver les emplois locaux et la santé, plutôt que de manger de la mauvaise viande venue d’on ne sait où, d’ailleurs autorisée par le CETA ! C’est une très bonne démarche de faire goûter, de ne pas se contenter de dire, mais en faire ici même la démonstration. »
Des élèves omnivores convaincus
« On aimerait être mieux informés sur ce qu’on nous sert à la cantine »Parmi les élèves présents à cette heure de repas, ils sont plusieurs à dire qu’ils aiment la viande, sans en manger beaucoup. « Il y a aussi du poisson pané, et de la viande tous les jours au self, mais elle est pas très bonne. Celle qu’on a goûtée est très bonne, on en mangerait tous les jours, ça donnerait plus envie… On est prêts à protester pour demander de la vraie viande locale, et on aimerait être mieux informés sur ce qu’on nous sert à la cantine. »
