Le sort de l’ancienne discothèque divise à Saint-Pourçain-sur-Sioule
La demeure est située là, sur les bords de Sioule, à l’entrée de la cité saint-pourçinoise. Tout y a l’air calme et serein. Tout ? Pas vraiment. Car un conflit oppose la mairie aux actuels locataires de l’établissement bien connu de la population locale pour avoir longtemps été le siège de la discothèque « La Cave ».
L’activité restauration en causeTout commence en 2014. À l’époque, Arlette et Sébastien Béguier signent avec la municipalité un bail de location des locaux. Outre une possibilité d’achat à moyen terme, ledit bail contient une obligation pour le couple : tenir une activité de restauration.
Ce qui sera fait par la suite, sous l’enseigne de « Au Fil de l'eau ». Mais voilà : fin 2018, pour raisons médicales notamment, le couple se trouve dans l’incapacité d’ouvrir son commerce.
Bien vite, la municipalité rappelle alors aux locataires leurs obligations : tenir une activité de restauration. Elle leur intime aussi de stopper la pratique de sous-location des lieux, que le couple avait entrepris depuis plusieurs semaines.
Au printemps 2019, la situation n’ayant pas évolué, les époux Béguier se voient même contraints de rendre à la commune les clés de l’établissement. Ils ne s’y résoudront pas.
« On ne veut mettre personne dehors »Pour le couple, cette injonction de quitter les lieux n’a en effet pas lieu d’être. « Surtout qu’on a investi près de 80.000 € pour rénover les lieux », précise Arlette Béguier.
De plus, l’arrêt de l’activité de restauration est « temporaire » et « l’absence définitive d’exploitation du fonds de commerce n’est pas démontrée », argumentent Gilles-Jean et Jean-Hubert Portejoie, les avocats du couple.
Ayant succédé à Bernard Coulon (qui était en poste en 2014) à la tête de la commune, Emmanuel Ferrand tient de son côté à préciser qu’il n’a aucune intention de « mettre dehors » les actuels locataires.
« On veut juste que le bail soit respecté, et qu’il y ait effectivement une activité de restauration », précise l’édile. « On veut que ce lieu puisse vivre. On a beaucoup d’autres projets qui pourraient se mettre en place ici… ».
Un message qu’Emmanuel Ferrand a sûrement fait passer au couple, à qui il dit avoir proposé « un arrangement à l’amiable ».
Saisie par la commune, la justice, par l’intermédiaire d’un juge des référés, a dernièrement débouté la commune dans sa demande de rupture du bail la liant aux actuels locataires.
Un appel a été interjeté. L’affaire est encore loin d’être tranchée.
