A la Biennale d'aquarelle de Brioude (Haute-Loire), les artistes « vendent » aussi du rêve
Loin de se révéler contrainte créative, l’aquarelle autorise aux artistes bien des « fantaisies ».
Dans le monde d'Andrzej Gosik, tout vole.Andrzej Gosik et ses oeuvres, lors de la Biennale d'aquarelle 2019, à BrioudeDans son monde, tout vole : les gens, les choses. Même la basilique Saint-Julien, accrochée à une montgolfière dans une des ses œuvres parmi les plus appréciées - ô surprise - par les Brivadois. Pourtant Andrzej Gosik l’assure : « C’est naturel pour moi. Je peins comme ça depuis que je suis tout petit. » L’artiste polonais (auteur de l’affiche de cette édition de la Biennale) confie peindre « beaucoup » et de tout, mais le surréalisme, il le concède, est une de ses « particularités ». Outre ses montgolfières fantastiques - son « cycle » du moment - il sort d’une housse une ancienne toile sur laquelle apparaît un miroir. Il la compare alors à une porte « entre deux mondes ».
Grzegorz Wróbel a des « visions »Grzegorz Wróbel, artiste polonais présent à la Biennale d'aquarelle 2019 de BrioudeSur le plan de l’imaginaire, son compatriote Grzegorz Wróbel le concurrence sérieusement. Une de ses œuvres en atteste particulièrement : on y voit des papillons verts géants batifolant au-dessus d’une ville constituée de tours, inspirée de San Gimignano, en Italie. En arrière-plan de l’œuvre, la mer semble être sur le point de se rabattre sur la cité, « comme dans Inception », précise-t-il en référence au film fantastique de Christopher Nolan. « Parfois, je ferme les yeux et j’ai une vision », explique-t-il simplement.
Donna Acheson-Juillet « cherche une autre façon de voir le monde »L'aquarelliste canadienne Donna Acheson-Juillet devant ses tableauxEn peignant « ses rêves et ses souvenirs », Donna Acheson-Juillet veut pour sa part réinterpréter la réalité. « Je cherche une autre façon de voir le monde et je la fais partager. » L’aquarelliste canadienne fait « des zooms sur la nature et rêve beaucoup. » Ce cocktail subtil donne des toiles figurant des paysages quelques peu abstraits : « Il y a un lâcher prise, une spontanéité. » Dans ses aquarelles, une couleur domine suivant les cycles. « Je ne me restreint pas et les couleurs m’inspirent ». Donna Acheson-Juillet travaille aussi le titre de ses œuvres. Comme un songe, elle « aide les gens à entrer dans son histoire mais je veux qu’ils développent aussi la leur. »
Bénédicte Stef-Frisbey entend « trascender la réalité et explorer l’essence des choses »L'aquarelliste charentaise Bénédicte Stef-Frisbey devant ses oeuvresBénédicte Stef-Frisbey ne rejette pas non plus ce penchant chimérique : « Je peins des paysages imaginaires. » S’inspirant parfois de la réalité, ses aquarelles évoquent alors plus qu’elles ne figurent des paysages. « J’ai aussi d’autres images plus oniriques », glisse-t-elle. Ainsi, l’aquarelliste charentaise veut « trascender la réalité et explorer l’essence des choses ».
Remerciement. Les échanges avec les artites Andrzej Gosik et Grzegorz Wróbel ont été facilités grâce à l’entremise de Martine Aldigier, qui a procédé à la traduction en anglais. Qu’elle en soit ici remerciée.
Textes et photos : Daniel Lauret et Kévin Le Gouguec
