Les chevaux creusois seront-ils bientôt dégustés au Japon ?
Le cheval, c’est trop génial?? Au pays du soleil levant, c’est dans les assiettes qu’on juge de la qualité de l’équidé.
« Depuis longtemps, les Japonais sont de grands amateurs de viande de cheval », confirment des membres de la SFET, la récente société française des équidés de travail, créée en 2013.
La Creuse a misé sur l’élevage plus que le loisirEn Creuse, d’après une étude du Conseil des équidés Nouvelle-Aquitaine, près de 75 % des chevaux sont destinés à l’élevage, en grande partie des chevaux de trait. Et, à en croire Marie Foucquier, directrice d’Equid’export, 90 % des poulains de races percherone ou ardennaise qui naissent chaque année en France sont destinés à la viande.
Vente de chevaux à Chénérailles
Ce qui expliquerait en partie la visite d’acheteurs potentiels chinois et japonais, même si la Creuse n’est aucunement le seul territoire visité. « Pour les Chinois, c’est différent, ils recherchent des chevaux vivants pour relancer l’élevage chez eux », tempère Marie Foucquier.
En revanche, chez les Japonais, c’est la viande de cheval qui intéresse. Elle serait largement consommée là-bas, bien qu’elle soit considérée comme un produit de luxe. « Ils en font notamment des sushis », détaille une membre de la SFET.
Le Japonais a un appétit d'ogre
Seulement voilà, « le Japonais a un appétit d’ogre », plaisante à moitié la directrice d’Equid’export. Et cet appétit gargantuesque pour la viande de cheval aurait conduit à la quasi-disparition de la filière d’élevage sur l’archipel. D’où une constante recherche à l’international pour satisfaire ses besoins, et un juteux contrat à l’horizon que la société française des équidés de travail a bien envie de signer. « Nous cherchons à mettre en place un partenariat privilégié avec le Japon pour la viande de cheval », confirme Marie Foucquier.
Vente de chevaux à Chénérailles
Mais avant cela, plusieurs détails restent à régler. En tout premier, la différence de normes entre le Japon et la France sur l’abattage des chevaux. « Ils sont beaucoup plus stricts que nous?; les chevaux et les bovins ne peuvent pas être abattus au même endroit, et il y a une exigeance sanitaire particulièrement forte », détaille-t-elle. Premier chantier donc avant d’ouvrir ce fameux partenariat, la construction d’un abattoir 100 % équin, destiné à l’export vers le pays du soleil levant. Ce super-abattoir pourrait voir le jour en Nouvelle-Aquitaine, même si l’emplacement exact est encore inconnu.
1.000 chevaux transitent chaque annéeOn ignore aussi les dimensions de cet abattoir, mais en cas de partenariat à grande échelle, la taille devrait suivre. En effet, la France exporte déjà 1.000 chevaux par an au Japon, vivants.
Vente de chevaux à Chénérailles
« Si on ambitionne de produire ce dont a besoin le Japon, il va falloir fixer des règles », prévient Marie Foucquier. L’objectif poursuivi est de mettre en place un partenariat à long terme, et d’éviter que les éleveurs, alléchés par des offres tentantes (2 euros 60 le kilogramme de viande, pour des chevaux qui en pèsent plusieurs centaines) ne vendent leurs pouliches reproductrices pour un petit bénéfice immédiat. « Si le marché s’emballait, nous finirions comme eux alors, et nous n’aurions plus de filière élevage en quelques années », assure la professionnelle.
Vianney Loriquet
