Pour obtenir sa carte d'identité dans le Puy-de-Dôme, c'est deux mois d'attente dans le meilleur des cas
D’Ambert à Beaumont, en passant par Issoire, Gerzat ou Pont-du-Château, les prochains créneaux disponibles pour un rendez-vous afin d’entamer les démarches de renouvellement de sa carte d'identité ne sont pas prévus avant mi-juillet.
C’est mieux dans certaines communes, plus longs dans d’autres mais dans l’ensemble, il faut compter en moyenne six semaines. Et cela fait deux ans que cela dure.
Depuis la réforme des modalités de délivrance de la nouvelle carte d’identité biométrique en mars 2017, dans le Puy-de-Dôme, seules vingt-deux communes sont équipées pour instruire et remettre carte et passeports biométriques.
À Riom, comme dans d’autres mairies, on opère en fonction des urgences.
« Nous avons une organisation qui essaie autant que possible de tenir compte des besoins des usagers »
Sur place, on est passé à la prise de rendez-vous avec des créneaux toutes les 30 minutes depuis 2009. L’organisation y est désormais bien rodée. Des créneaux sont “réservés” pour les urgences. Que ce soit pour des lycéens dont la carte d’identité à jour est obligatoire pour passer des examens. Ou des vacanciers pris de court.
Les demandes proviennent de toute la FranceUn autre point explique aussi l’engorgement actuel et l’allongement des délais : la déterritorialisation. Si jusqu’en 2017, il fallait se rendre à la mairie de sa commune pour établir ou renouveler ses papiers d’identité, ce n’est plus le cas.
Désormais, les demandes d’habitants de communes ou départements limitrophes ne sont pas rares. À Saint-Eloy-les-Mines, les résidents de Vichy ou Cusset effectuent le déplacement. « On reçoit des gens des quartiers nord de Clermont-Ferrand ou de Cébazat maintenant », illustre Carole Meunier à Gerzat.
« On applique un traitement égalitaire »Mais les demandeurs peuvent venir de bien plus loin. Paris, Montpellier, Marseille… les secrétaires de mairie – déjà bien occupées insistent-elles – reçoivent des appels de toute la France de la part de « personnes à la recherche de délais plus courts ». « On applique un traitement égalitaire à tous les usagers », assure Delphine Chalus.
Malgré tout, à ce délai moyen d’un mois et demi pour obtenir un rendez-vous, il faut rajouter ceux de validation et de fabrication par les services de l'Etat. Là encore, le calendrier ne joue pas franchement en faveur des demandeurs. Selon plusieurs secrétaires de mairie, les délais, face à l’augmentation de la demande, se seraient aussi allongés, pour atteindre jusqu’à un mois.
La fabrication aussi prend du retardDeux plateformes, à Saint-Étienne et au Puy, centralisent le traitement des demandes pour toute la grande région. Jusqu’ici, l’Auvergne dépendait de la seule antenne ponote. À l’époque une crainte planait autour du fait qu’elle allait pâtir, en termes de délais, de cette mutualisation dont bénéficient désormais les Rhônalpins, moins bien lotis jusqu’à présent. Deux ans après, la crainte se vérifie.
Résultat, on est passé d’« une à deux semaines d’attente à plus de trente jours », selon la préfecture du Puy-de-Dôme. Une augmentation notamment liée au fait que le nombre de demandes est en hausse de 17 % par rapport à l’année dernière, sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Pas besoin d’être fort en maths pour comprendre qu’il faut désormais plus de deux mois et demi pour obtenir son sésame.
Pierre Peyret
