Les collectivités d'Auvergne ont-elles les moyens d'investir plus ?
L’objectif de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) Auvergne-Rhône-Alpes n’est pas de « balancer » les maires, pour reprendre un hashtag malheureux de l’automne dernier, lancé afin de montrer du doigt les élus qui avaient augmenté la taxe d’habitation contre l’avis du Gouvernement.
Pierre Berger sur un chantier d'installation de la fibre à Bourg-Lastic.
Dans les grandes lignes, les conclusions de l’étude
Un contexte national favorableLe chiffre, issu de la direction du budget de l’Assemblée nationale auditionné par la Cour des comptes « nous a bluffés », assure Pierre Malochet, directeur de la FRTP : la trésorerie des collectivités a plus que doublé en dix ans, passant de 25,7 milliards au total en 2009 à 59,2 aujourd’hui. Et dans le même temps, l’investissement a baissé de 62,5 milliards à 51,7 entre 2013 et 2016, avant de remonter à 61,1 milliards cette année. « Des élus nous avouent, en off, qu’ils n’ont jamais eu autant d’argent pour investir », commente Pierre Mallochet.
Une capacité de désendettement loin de la zone rouge« C’est l’indicateur le plus parlant : combien la collectivité met de temps pour se désendetter. On sait que le seuil à partir du moment où les finances de la commune sont en difficulté, c’est dix ans », précise Pierre mallochet. « Or, on en est loin. » Jugez par vous-même : en Auvergne, la moyenne est de 5,8 ans. La Haute-Loire est à 4,7 ans, l’Allier à 6,8, le Puy-de-Dôme à 5,9 et le Cantal, à 5,6 ans.
Laurent Bernard
