Avec le décès de Jacques Cinquin, Aubusson perd l'un de ses peintres les plus généreux
Un artiste qui incarnait Aubusson
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L'homme et l'œuvre sont étroitement associés à Aubusson (Creuse). Connu de tous, Jacques Cinquin était un artiste populaire dans le bon sens du terme, profondément enraciné à sa ville d'adoption. Aussi, sa brutale disparition, mercredi 19 juin, a causé un véritable choc auprès de nombreux habitants.
Jacques Cinquin était né le 1 er octobre 1942 à Paris. Diplômé de l'École nationale supérieure des Arts appliqués de la capitale, il s'établit à Aubusson en 1967, devenant professeur de peinture à l'ENAD. Dans les années qui suivirent, il effectua deux séjours aux USA, collaborant avec des peintres pour la mise au point de tapisseries de petits formats. Il se fixa définitivement à Aubusson en 1970, se partageant dès lors entre l'enseignement (nommé par la suite en 1983 professeur d'art mural à l'ENAD d'Aubusson) et la création.
Un artiste diplômé gagné par le virus de la tapisserieCinquin, venu à Aubusson sur les conseils de l'un de ses professeurs, Robert Wogensky (récemment disparu), fut bien vite gagné par le virus de la tapisserie, d'abord au contact d'artistes de la trempe de Michel Tourlière et de Jacques Lagrange.
Il ancra son œuvre à Aubusson tout en exposant en France et à l'étranger. Il a toujours travaillé par thèmes, le cirque étant son sujet de prédilection, avec à la clef de somptueuses expositions à Monaco.
Les plages, le vélo, les bals populaires l'ont également beaucoup inspiré. Le cirque lui a également inspiré un livre en 1996 (il a à son actif plusieurs ouvrages d'art).
Tapisserie, dessin, peinture, sculpture...
Depuis quelques années, du fait des circonstances de la vie, il se partageait entre Aubusson et la Normandie. Il voyageait aussi beaucoup, ce qui l'amenait à remplir des carnets de dessin. Il se consacrait à la peinture, à l'aquarelle, mais aussi à la tapisserie et depuis quelques années à la sculpture (l'une est implantée devant son atelier du quartier de la gare).
Cinquin a puisé une partie de son inspiration dans Aubusson et ses quartiers. Il les a croqués avec son crayon, mais aussi avec ses pinceaux.
Qui à Aubusson n'a pas acheté un jour une lithographie de Cinquin représentant la ville ?
Qui n'a pas visité les expositions de Cinquin à la mairie, dans les galeries ou à l'Office de tourisme ? Une nouvelle exposition de ses œuvres est (était ?) prévue cet été à Aubusson.
La Cité de la tapisserie allait lancer la réalisation d'un diptyque monumental, une commande-hommage que Jacques Cinquin voyait comme une consécration. La vie en a décidé autrement. Il laisse derrière lui une œuvre conséquente, avec des centaines de tapisseries à redécouvrir. Ce sont elles qui parlent le mieux de lui.
